La prise de poids après l'arrêt du tabac est un frein sérieux au sevrage tabagique, même pour les plus motivés. Une étude récente explore ce phénomène et montre que le microbiote est impliqué dans la prise de poids après l'arrêt de la cigarette. 

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La peur de prendre du poids est un des freins à l'arrêt du tabac. Environ 10 % des personnes qui arrêtent de fumer prennent, en moyenne, 4,5 kilos en l'espace de six mois, soit presque 10 kilos en un an. Les chercheurs de l'Institut Weizmann pensent que le microbiote intestinal a son rôle à jouer dans cette prise de poids. Les micro-organismes dans nos entrailles sécréteraient des métabolitesmétabolites impliqués dans la prise de poids.

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Nos intestins abritent une communauté de micro-organismes dont les effets sur la santé intéressent beaucoup les chercheurs. © Alex, Adobe Stock
Nos intestins abritent une communauté de micro-organismes dont les effets sur la santé intéressent beaucoup les chercheurs. © Alex, Adobe Stock

Microbiote et prise de poids après l'arrêt du tabac

Des expériences menées chez les souris à l'Institut Weizmann montrent que les souris exposées à la fumée de cigarette ne grossissent pas, malgré un régime riche en gras. Mais quand l'exposition à la fumée s'arrête brutalement, les souris prennent du poids. Comme les êtres humains en sevrage tabagique. Un traitement antibiotiqueantibiotique qui détruit le microbiote enraye ce phénomène.

Pour confirmer le rôle du microbiote dans la prise de poids après l'arrêt du tabac, les scientifiques ont greffé le microbiote de souris exposées à la fumée à d'autres, sans microbiote et qui n'ont jamais inhalé de fumée de cigarette. Résultat, elles ont développé une flore microbienne déséquilibrée et in fine, pris du poids. Un métabolite, normalement présent chez les non-fumeurs, est beaucoup moins présent chez les sujets fumeurs. Un déséquilibre métabolique se crée et l'intestin devient beaucoup plus gourmand en énergieénergie. L'action de ce métabolite est contrebalancé par un autre, qui est associé à la perte de poids lors d'une exposition à la fumée. 

« Nos découvertes jettent un nouvel éclairage sur la façon dont le microbiomemicrobiome interagit avec le corps humain pour réguler notre poids et notre métabolisme, qui pourrait être exploité de manière thérapeutique », explique Eran Elinav de l'Institut Weizmann et directeur de cette étude.