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Polyarthrite rhumatoïde : un traitement prometteur en forme d'arbre ?

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Un type prometteur de molécules sphériques, les dendrimères, auraient une action bénéfique sur la polyarthrite rhumatoïde et peut-être sur d'autres maladies chroniques inflammatoires. L'espoir concernant le développement d'un traitement est donc permis !

La polyarthrite rhumatoïde provoque une déformation des articulations. © James Heilman, Wikimedia, CC by-sa 3.0

La polyarthrite rhumatoïde et d'autres maladies inflammatoires chroniques pourront-t-elles être enfin soignées efficacement ? Un type particulier de molécules, les dendrimères, pourraient du moins s'avérer utiles, selon les résultats d'une étude parue dans la revue Science Translational Medicine, et présenteraient en plus l'avantage d'être abordables.

Les dendrimères sont des polymères synthétiques branchés, c'est-à-dire qu'ils sont composés d'un ensemble de molécules, assemblées entre elles à l'image des branches dichotomiques d'un arbre. Ils prennent au final une forme sphérique, où les molécules retrouvées en surface (ou plus rarement les molécules internes) confèrent au dendrimère ses propriétés. Celles-ci pouvant être d'une grande diversité, les dendrimères possèdent un énorme potentiel dans le monde médical.

Inflammation des tissus articulaires

Ainsi, ils sont parfois perçus comme les médicaments de demain, et sont étudiés dans un grand nombre de domaines, comme la délivrance de molécules thérapeutiques dans l'organisme, l'imagerie médicale ou encore l'ingénierie de tissus. Cette fois, les scientifiques de l'Inserm, du CNRS et de l'Université Toulouse III ont étudié leurs propriétés dans la lutte contre la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune qui induit une inflammation des tissus articulaires, provoquant douleurs et déformations des doigts.

Les dendrimères sont de grosses molécules sphériques, ici en polyphénylène. © M stone, Wikimedia, GFDL 1.2

Elle peut aussi se déclarer chez certaines souris de laboratoire, modèles pour la maladie, et c'est chez ces animaux que des dendrimères particuliers ont été testés. Ceux-ci, qui possèdent à leur surface des molécules d'azabisphosphonate, avaient déjà montré in vitro leur action spécifique sur les monocytes, cellules connues pour être impliquées dans la polyarthrite rhumatoïde.

Un réel espoir

Chez les souris modèles, l'injection par voie intraveineuse des dendrimères a permis de diminuer les effets de la maladie, en réduisant la destruction du cartilage et en conservant la fonctionnalité des articulations. De plus, les taux de cytokines (molécules marqueurs de l'inflammation) redeviennent comparables à ceux des animaux sains. Ces dendrimères sont donc capables de réguler la réaction inflammatoire, responsable de nombreuses maladies inflammatoires chroniques.

Les doses administrées aux souris étant compatibles avec les doses thérapeutiques chez l'homme, l'espoir pour les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, qui ne bénéficient aujourd'hui que de traitements très coûteux et dont l'efficacité n'est pas assurée, est donc réel.

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