Santé

Paludisme : le vaccin ne protège plus 4 ans après l'injection

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Le vaccin RTS,S contre le paludisme, testé par le laboratoire GlaxoSmithKline, deviendrait inefficace quatre ans après l'injection. Les résultats de cet essai clinique permettront au moins aux chercheurs de mieux cibler les populations pour lesquelles la vaccination est la plus pertinente.

Le paludisme est une maladie fréquente en Afrique subsaharienne et en Asie du sud-est. Selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le parasite Plasmodium aurait infecté 219 millions de personnes dans le monde et causé 660.000 morts, dont 80 % d'enfants de moins de cinq ans. © Pascal Dolémieux, Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

Le vaccin expérimental antipaludéen du laboratoire britannique GlaxoSmithKline, le plus avancé contre cette maladie, perd toute efficacité après quatre ans chez les enfants vaccinés. C'est ce que révèlent les résultats d'un essai clinique publiés aux États-Unis dans le New England Journal of Medicine, jeudi 21 mars.

Ce vaccin (appelé RTS,S) offre une protection de 43,6 % la première année après la vaccination. Protection qui tombe progressivement à zéro la quatrième année, comme l'indique cet essai clinique de phase II. Les résultats ont été obtenus à partir d'un échantillon de 447 enfants au Kenya, dont 320 ont été suivis jusqu'à la fin de la période de test.

« Malgré la perte d'efficacité avec le temps, ce vaccin reste prometteur puisqu'au cours de cette période de quatre ans, 65 cas de paludisme sur 100 enfants vaccinés ont pu être évités, souligne Philip Bejon, du Centre de médecine tropicale de l'université d'Oxford, et principal auteur de l'étude. Nous devons maintenant voir si un rappel de vaccination pourrait maintenir l'efficacité vaccinale plus longtemps. »

Le parasite du genre Plasmodium (ici à l'image) est l'agent du paludisme. Il passe par différents stades, dont certains se déroulent chez l'Homme, quand les autres se produisent chez le moustique, l'animal vecteur. © Hillary Hurd, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

L’efficacité du vaccin dépend de la proximité avec le parasite

En outre, les infectiologues ont constaté que les effets du vaccin varient selon l'exposition au parasite Plasmodium falciparum, responsable de la maladie.

Ainsi, l'efficacité relative du vaccin diminue avec un contact accru au parasite, passant de 45,1 % chez les enfants moins exposés que la moyenne à 15,9 % chez ceux ayant une plus grande proximité avec le parasite. Mais dans l'absolu, il y a réellement un plus grand nombre d'infections évitées grâce au vaccin dans les groupes les plus exposés (78 sur 100), que chez ceux les moins en contact avec le parasite (62 sur 100).

Protéger plus longtemps contre le paludisme

Pour Ally Olotu, affilié à l'université d'Oxford et coauteur de la recherche, « ces résultats sont de toute façon importants, car ils aideront à déterminer quels groupes de populations sont susceptibles de bénéficier le plus de ce vaccin ».

« Les résultats de l'essai clinique de phase III en cours fourniront davantage d'informations, ajoute-t-il. D'une part sur l'efficacité du vaccin dans différents groupes de populations, selon leur exposition au parasite ; et d'autre part sur l'utilité d'un rappel pour prolonger les effets protecteurs du vaccin. »

Le vaccin RTS,S a été mis au point en 1987 par le laboratoire GlaxoSmithKline, et a été le premier à montrer son efficacité chez de jeunes enfants. Il s'est toutefois révélé nettement moins efficace chez les nourrissons, dans des zones de paludisme endémique.

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