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Les cancers ciblés par des nanoparticules de silice

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Des nanoparticules seraient enfin efficaces pour délivrer spécifiquement un traitement aux cellules cancéreuses en épargnant les cellules saines et sans présenter de danger pour l'organisme. Après des années de recherche, la technologie semble au point, mais les essais ne concernent pour l'instant que la souris.

Image d'une nanoparticule mésoporeuse de silice prise au microscope électronique. © Wikimedia Commons

Le traitement des cancers se résume actuellement à la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Si le chirurgien agit spécifiquement en réalisant une ablation de la tumeur, les deux autres stratégies sont beaucoup moins précises. Dans le cas de la chimiothérapie, les molécules anticancéreuses, toxiques, sont délivrées dans le corps et s'attaquent à l'ensemble des cellules, même saines, en provoquant de lourds effets secondaires. Le traitement des tumeurs se doit d'être plus efficace et moins nocif, d'autant que le cancer est la première cause de mortalité en France.

Les nanotechnologies, ou technologies microscopiques, sont des outils précieux dans tous les domaines, et particulièrement en médecine, ou nanomédecine. Certains groupes de recherche se sont d'ailleurs intéressés à l'utilisation des nanoparticules dans l’administration de molécules anticancéreuses, qui ne cibleraient que les cellules tumorales, en épargnant les cellules saines.

Synthétisées dans les années 1990, les nanoparticules mésoporeuses de silice (MSN) présentent une porosité organisée en réseau hexagonal. Elles représentent un des espoirs dans la fonction thérapeutique des nanotechnologies. On espère s'en servir pour embarquer une molécule médicamenteuse et la transporter au niveau de la tumeur.

Les nanoparticule mésoporeuses de silice (MSN) injectées dans des souris présentant des tumeurs se localisent principalement au niveau du tissu cancéreux (masse verte). © UCLA / Small

Innocuité et efficacité

L'espoir se concrétise après après des travaux publiés dans le journal Small. En effet, des chercheurs de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), associant le California NanoSystems Institute et le Jonsson Comprehensive Cancer Center, ont réalisé des essais thérapeutiques sur des souris présentant des cancers xénogreffés à partir de tumeurs du sein humains. L'injection des MSN chez ces animaux a montré que les particules circulent dans le sang mais se focalisent principalement sur la tumeur.

Grâce aux MSN chargées de camptothécine, une molécule antitumorale, les tumeurs ont régressé, menant même à leur disparition chez certaines souris à la fin du traitement. De plus, des analyses sérologiques, hématologiques et histopathologiques ont montré une innocuité presque totale des MSN. La plupart des particules a même été éliminée par les urines et les selles dans les quatre jours qui ont suivi l'injection.

La spécificité, l'innocuité et l'efficacité des MSN laissent envisager des perspectives dans l'amélioration de la thérapie anticancéreuse. Mais avant le passage à l'Homme, les chercheurs veulent encore améliorer les MSN. Ils essaient d'adapter des molécules à la surface des nanoparticules, afin qu'elles soient délivrées aux tumeurs avec encore plus de spécificité, mais aussi d'ajouter des « nanomachines », comme des nanovalves, qui pourraient contrôler la libération de la drogue dans les cellules.

De plus, des tests seront nécessaires sur différentes espèces animales, pour connaître les dosages précis avant le début des essais cliniques sur l'Homme. Ainsi, les nanoparticules dans la thérapie anticancéreuses ne sont pas encore une réalité, mais un grand pas vient d'être effectué.

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