En greffant des cellules humaines chez des souris, des équipes françaises ont pu, pour la toute première fois, étudier in vivo deux agents du paludisme, les parasites Plasmodium falciparum et P. ovale. De quoi, enfin, mieux comprendre leur cycle biologique.
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Le paludisme, maladie parasitaire infectieuse causée par le protozoaireprotozoaire Plasmodium, reste encore un problème majeur de santé publique et aucun vaccinvaccin efficace n'est disponible à ce jour (le premier du genre, Mosquirix, est actuellement en cours d'évaluation). Plasmodium falciparum est responsable de la majorité des décès alors que P. vivax et P. ovale, bien que moins virulents, contribuent largement à la morbiditémorbidité du paludismepaludisme. En effet, ces deux espècesespèces sont capables de rester en dormance dans le foiefoie durant des mois, voire des années, et leur réveil, dont les causes sont encore inconnues, occasionne des rechutes.

L'étude de la biologie de ces parasites a été limitée en raison de leur spécificité pour leur hôtehôte humain, restreignant les études à des cultures de cellules humaines infectées, qui ne reproduisent que partiellement la biologie de la cellule et du parasite, ou bien à des études très restreintes in vivo chez certains singes. La connaissance de la biologie de ces parasitesparasites, en particulier des formes dormantes, reste donc encore parcellaire.

Installé dans une cellule de foie d'origine humaine, un <em>Plasmodium ovale</em> vu au microscope est ici sous la forme d'un schizonte en phase de reproduction asexuée. Il est mis en évidence grâce à deux méthodes de coloration, HSP70 et DAPI, et avec les deux combinées (<em>Merge</em>). Barre d'échelle : 20 microns. © Valérie Soulard <em>et al.</em>, <em>Nature Communications</em>

Installé dans une cellule de foie d'origine humaine, un Plasmodium ovale vu au microscope est ici sous la forme d'un schizonte en phase de reproduction asexuée. Il est mis en évidence grâce à deux méthodes de coloration, HSP70 et DAPI, et avec les deux combinées (Merge). Barre d'échelle : 20 microns. © Valérie Soulard et al., Nature Communications

Un modèle du paludisme pour de futurs essais précliniques

Dans cette étude, publiée dans Nature Communications, les auteurs ont greffé des cellules de foie humain ainsi que des globules rougesglobules rouges humains chez des souris TK-NOG. Ces souris dites « humanisées » ont ensuite été infectées avec le parasite Plasmodium falciparum. Les chercheurs ont alors réussi à reproduire le cycle complet de vie du parasite chez ces animaux avec des caractéristiques très proches de celles décrites in vivo chez l'Homme. En parallèle, et en collaboration avec le Centre national de référence du paludisme (CNR) et plusieurs hôpitaux franciliens, les auteurs ont produit des parasites P. ovale.

Ils ont aussi obtenu le développement de formes parasitaires dans le foie des souris greffées, les premières observées in vivo dans des cellules humaines depuis les années 1950. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour améliorer la connaissance de la biologie de ces espèces infectant l'Homme, en particulier sur l'étude de leurs formes dormantes dans le foie. Ce modèle permettra également de réaliser des essais précliniques pour de nouveaux moyens de lutte contre le paludisme, ou malaria, qu'ils soient médicamenteux ou vaccinaux.