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Un groupe de lutte contre le terrorisme biologique et chimique

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Le 12 décembre, la première réunion du Groupe d'experts scientifiques en matière de lutte contre le terrorisme biologique et chimique s'est tenue à Bruxelles.

La réunion est organisée conjointement par les DG Recherche et Centre Commun de Recherche, à l'initiative du Commissaire Busquin. Cette initiative, soutenue par le Conseil des Ministres de la Recherche du 30 octobre 2001, s'inscrit dans le cadre de la Déclaration du Conseil européen de Gand et de la communication de la Commission sur la protection civile qui sera présentée au Conseil européen de Laeken les 14 et 15 décembre 2001.

Le Groupe d'experts devra procéder à une évaluation commune des connaissances, des capacités et des besoins supplémentaires de recherche en matière de bio-défense, en particulier à travers une meilleure coordination des activités de recherche au sein des Etats membres et au niveau communautaire.

Le Conseil Recherche a soutenu l'initiative du Commissaire Busquin de constituer un Groupe d'experts dont les travaux porteront sur les questions de recherche liées à la détection et à l'identification des agents biologiques et chimiques, et sur la prévention et le traitement des agressions liées à ces agents. Dans ce contexte, il devra :

* dresser un inventaire des activités de recherche actuellement en cours ;
* examiner la manière dont ces activités peuvent être mobilisées et coordonnées de manière optimale ;
* identifier les lacunes existantes et les besoins de recherche supplémentaires à court et à long terme, en tenant compte des opportunités offertes par le prochain Programme Cadre de Recherche, les activités et les programmes du Centre Commun de Recherche, et les initiatives des Etats membres dans ce domaine.

Le Conseil des Ministres de la Recherche, qui est arrivé à un accord politique sur le prochain programme cadre de recherche lors de sa réunion du 10 décembre a introduit la protection civile, et en particulier la biodéfense, comme un sujet de recherche européenne sous la priorité d'anticipation de besoins émergents.

Pour les Ministres de la Recherche, la biodéfense est un exemple de la nécessité de disposer d'un instrument de flexibilité pour la politique européenne de recherche afin de pouvoir répondre vite à de nouveaux défis.

Les thématiques de recherche prioritaires concernent notamment le développement d'outils permettant un dépistage et diagnostic précoce ainsi qu'une surveillance adéquate d'agents biologiques ou chimiques pouvant être utilisés dans des attentats terroristes, le développement de méthodes de production et de diffusion rapide de nouveaux vaccins pour des maladies émergentes, ou encore des études de prospective sur les menaces potentielles dans le domaine agro-alimentaire.

L'Espace européen de la Recherche devrait constituer un contexte particulièrement favorable pour les travaux du Groupe d'experts car il crée les conditions pour exploiter pleinement le potentiel considérable de l'Europe en établissant une réelle coordination des efforts de recherche dans les Etats membres. Cette mise en commun concerne non seulement le développement des connaissances, mais également leur utilisation responsable.

Comme l'a souligné le Commissaire Busquin, « il est important que des réflexes d'échange d'information entre les Etats Membres, avec le soutien de la Commission, soient instaurés dès à présent, notamment sur le modèle de l'approche adoptée avec succès dans le cas des EST ».
Les travaux du Groupe d'experts devront s'inscrire dans le cadre plus large du programme souhaité par le Conseil européen de Gand et s'articuler de manière cohérente avec les initiatives menées notamment dans les domaines de la protection civile et de la santé publique. Dans cette optique, les conclusions du Groupe d'experts seront évoquées à l'occasion de l'atelier sur la protection civile organisé conjointement par la Commission et la Présidence belge et qui se déroulera à Florival (BE) du 17 au 19 décembre, au lendemain du Conseil européen de Laeken.
Le Groupe d'experts est composé de représentants des Etats membres, provenant des ministères de la recherche et de la défense ainsi que des experts scientifiques. Une deuxième réunion du groupe est prévue au mois de février 2002 et un premier rapport d'avancement devrait être présenté au prochain Conseil Recherche du 11 mars 2002.

En outre, le Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission européenne a rassemblé un groupe de travail de bio-réponse qui a rapporté aujourd'hui au Groupe d'experts. Selon ce groupe de travail la gestion d'une attaque terroriste utilisant des agents biologiques serait complexe. Le groupe considère alors qu'un système de surveillance et une approche globale consistant à mettre en réseau l'expertise multidisciplinaire et des systèmes de surveillance existants en Europe sont nécessaires. Selon le groupe, la meilleure protection contre des menaces de bioterrorisme serait la création d'un système de prévention sur base des outils existants, le lancement d'un réseau de bio-réponse et une gestion efficace des informations biologiques dans l'Union. Le CCR entamera également des études spécifiques sur les aspects scientifiques du terrorisme biologique et chimique ainsi que sur les effets économiques, sociaux et psychologiques de telles attaques. Enfin, le CCR vient d`ouvrir sa base de données sur les armes chimiques et biologiques aux autorités compétentes dans les Etats membres de l'Union européenne.

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