Santé

La lutte contre Ébola se poursuit en Guinée

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L'épidémie d'Ébola n'est toujours pas endiguée en Guinée. Les équipes médicales présentent sur place travaillent avec ardeur pour contrôler cette infection virale le plus rapidement possible. Elles sont assez optimistes, même si la tâche est loin d'être simple.

Le personnel soignant, les familles de malades et les personnes assistant aux enterrements représentent les populations les plus à risque de contamination par Ébola. © MSF

L'épidémie de fièvre hémorragique liée au virus Ébola semble loin d'être endiguée. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), très active en Guinée, s'attend à de nouveaux cas au cours des deux ou trois prochains mois. La propagation de cette épidémie sans précédent devrait toutefois être contrôlée grâce à un suivi actif des personnes exposées. Un défi selon l'OMS.

« Ne vous focalisez pas sur les chiffres. Ils évoluent d'heure en heure », insiste Stéphane Hugonnet, médecin de l'OMS récemment revenu de Guinée forestière, la zone dans laquelle a débuté l'épidémie. En effet, le nombre de cas a continué d'augmenter ces derniers jours. Ainsi, selon le dernier bilan de l'OMS datant du 7 avril 2014, la Guinée compte 151 cas, parmi lesquels 54 ont été confirmés en laboratoire. Au total, 95 patients sont décédés. Au Libéria, seul autre pays ayant recensé des cas confirmés, 21 cas suspects ont été relevés depuis le début de la flambée. Seuls cinq ont été confirmés. Au total, dix patients sont décédés. Au Mali, pour quatre cas encore suspects, les résultats des analyses sont attendus.

Le virus Ébola appartient à la famille des filovirus, comme son terrible cousin, le virus Marburg. Ces deux virus à ARN simple comptent parmi les pathogènes les plus dangereux qui existent pour l’Homme. © Frederick Murphy, CDC, DP

« Nous nous attendons à découvrir de nouveaux cas d'Ébola dans les mois à venir », note Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l'OMS. Une cinquantaine de personnes de l'organisation est actuellement sur place, travaillant notamment avec Médecins sans frontières (MSF), pour soigner les patients et les isoler afin d'endiguer la propagation du virus« Jusqu'à présent, les malades se rendaient dans les hôpitaux lorsqu'ils présentaient des symptômes. Aujourd'hui, nous devons être plus actifs et nous rendre dans les villages pour bloquer les chaînes d'infection », insiste Stéphane Hugonnet.

Les habitants paniqués en proie aux fausses rumeurs sur Ébola

 « Tant que les chaînes de transmission ne sont pas contrôlées, des exportations de cas dans d'autres régions de Guinée et d'autres pays restent possibles. », ajoute le médecin. Le nombre de personnes ayant pu être en contact avec le virus s'élève à environ 600. « Maintenir un contact quotidien avec toutes, alors même que les populations sont nomades, représente un véritable défi, poursuit-il. C'est pourquoi nous devons mettre l'accent sur ce travail de suivi des individus, pour les prendre en charge au plus tôt si elles présentent des symptômes. »

Face à l'épidémie, de dangereuses rumeurs circulent actuellement en Guinée comme le fait que de consommer de l'oignon protégerait contre l'Ébola ou que le virus aurait été importé par MSF. Ces rumeurs représentent une difficulté supplémentaire dans la lutte contre l'épidémie d'Ébola, puisque certains habitants refusent de se rendre dans les centres de soin spécialement installés. Ainsi, à Macenta, dans le sud-est de la Guinée, les activités de MSF ont été suspendues après que des habitants ont manifesté et lancé des pierres sur les structures de soin et les véhicules de l'organisation. « La manifestation a été déclenchée par la diffusion de fausses informations selon lesquelles MSF aurait amené le virus dans le village », explique l'OMS.

« Tous ces comportements sont provoqués par la peur et l'anxiété dues à cette pathologie hautement mortelle », explique Keiji Fukuda. « Il est important d'expliquer que l'isolement dans un centre spécialisé est bénéfique pour le patient comme pour sa famille. Car malgré une létalité élevée, certains s'en sortent et protègent leur entourage d'une contamination en acceptant la quarantaine. » En effet, lorsque les patients reçoivent un traitement pour les infections secondaires et sont réhydratés dans des structures de santé bien gérées, leurs chances de survie augmentent.

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