L'industrie pharmaceutique investit énormément d'argent et de temps pour proposer des solutions aux personnes atteintes de surpoids et d'obésité. Cependant, les solutions offertes ne sont pas très efficaces et tous ces efforts restent vains.

De nombreuses molécules ont été testées et invalidées à cause d'effets secondaires jugés trop néfastes. Les exemples ne manquent pas : la Sibutramine provoque l'hypertension, l'Orlistat cause des douleurs intestinales sévères et le Rimonabant entraîne des dépressions chez certains utilisateurs.
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D'autres, malgré des tests préliminaires très encourageants chez la souris, s'avèrent inefficaces. C'est le cas de la dernière molécule MK-0557 développée par Merck& Co, Inc, New York. En effet, la perte de poids des patients est sur une année seulement de 1,6 kgkg de plus que pour ceux qui ont reçu un placeboplacebo. Ces tests publiés dans le journal Cell Metabolism sont statistiquement significatifs mais peut-être non pertinents cliniquement. Steven Heymsfield, chercheur chez Merck, la considère d'ailleurs comme une étude négative.

La stratégie d'action était assez simple puisque la molécule devait entrer dans le cerveaucerveau et se fixer sur le neuropeptide Y et l'inhiber. Ce neuropeptide Y est une molécule qui stimule l'appétit. Cette étude de près de dix ans fait écho à une autre étude ciblant la leptineleptine, une hormonehormone régulatrice de l'appétit que l'on trouve dans le tissu adipeuxtissu adipeux. Dans ce cas, également, la recherche fondamentale était très prometteuse mais les essais cliniquesessais cliniques ont montré peu d'effets sur l'obésité

Heymsfeld pense que les difficultés rencontrées proviennent de la complexité de la réponse humaine vis à vis de la nourriture. Il existe beaucoup de solutions de repli pour l'organisme lorsque l'une des voies relatives à ce domaine est modifiée. Heymsfeld conclut que même si le consommateur est en attente d'un médicament efficace, le meilleur moyen actuel pour perdre du poids reste de prévenir sa prise.

Pour Michael Cowley, professeur de neurosciences à l'Oregon Health & Science University à Portland, les monothérapies seront sans réel effet. Des approches combinées offriraient peut être une solution pour soigner le milliard de personnes touchées par l'obésitéobésité et la surcharge pondérale.

Par Brice Obadia, Hedi Haddada & Sophia Gray