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Le pont d'Avignon, ancien pont Saint-Bénézet

Dossier - Tourisme dans le Vaucluse
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Faire du tourisme dans le Vaucluse, c'est découvrir un département provençal plein de charme. Les lieux d'intérêt ne manquent pas sur ce territoire. Le pont d'Avignon, le village de Gordes ou encore la fontaine de Vaucluse raviront vos yeux émerveillés.

  
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Le pont d'Avignon était autrefois le pont Saint-Bénézet. Selon la légende, le jeune berger Saint-Bénézét entendit une voix lui disant : « Bénézet, prend ta houlette et descends jusqu'en Avignon, la capitale du bord de l'eau : tu parleras aux habitants et tu leur diras qu'il faut construire un pont »...

Pont Saint-Bénézet à Avignon dans le Sud de la France. © Chiugoran, Wikimedia commons, CC by-sa 3.0
Le pont d'Avignon était autrefois appelé pont de Saint-Bénézet. © Jean-Marc Rosier, CC by sa 3.0 (non transposée)

La légende du pont d'Avignon

Un écrit relate la légende de la construction du pont d'Avignon en 1177. Il y est dit que Bénézét, entrant en Avignon, alla trouver l'évêque pour lui transmettre le message que Jésus-Christ lui a donné. Selon ses dires, Bénézét doit arrêter son métier de berger pour construire un pont. L'évêque, en entendant ce discours, appelle le viguier (juge du roi). Le viguier répondit alors à Bénézet : 

- « C'est toi si chétif personnage et qui ne possède rien, qui déclare que tu feras un pont où Dieu, ni Saint-Pierre, ni Saint-Paul, ni encore Charlemagne, ni aucun autre n'a pu le faire ? Ce serait merveilleux. Attends ; je sais qu'un pont est fait de pierre et de chaux, je te donnerai une pierre que j'ai dans mon palais et si tu peux la remuer et la porter, je croirai que pourras faire le pont... »

L'évêque dit :

- « Allons donc, et voyons les merveilles que tu nous promets. » 
Il partit avec l'évêque et le peuple avec eux, et Bénézet prit seul la pierre que trente hommes n'auraient pu déplacer, aussi légèrement que s'il se fût agi d'un caillou et la mit au lieu où le pont a son pied. Les gens voyant cela crièrent au miracle et disaient que grand et puissant est notre Seigneur dans ses œuvres. Et alors le viguier fut le premier à le nommer Saint-Bénézet, lui baisant les mains et les pieds, et lui offrit trois cents sous, et dans ce lieu lui furent donnés cinq mille sous... »

Description du pont d'Avignon

Les quatre arches et la chapelle que l'on peut voir sont les vestiges d'un pont qui comportait 22 arches, mesurait 900 m, et qui connut bien des vicissitudes.

Plan d'Avignon gravé en 1649 pour l'Atlas Van Loo sur lequel on voit les parties manquantes du pont. © Domaine public

Il est vraisemblable qu'à l'origine, un pont avait été construit par les Romains. En 1177, la base des piles antiques servit d'assise aux nouvelles piles surmontées d'un tablier de bois. La construction du nouveau pont fut rapide, 7 ans environ.

L'utilité d'un pont : c'est le seul qui existait entre Lyon et la mer. Mais c'est le mérite de Bénezet d'avoir su susciter des dons pour gérer une petite communauté de laïcs charitables qui devait subsister jusqu'à la fin du XIVe siècle.

Dès la fin du XIIIe siècle, la ville a pris en charge l'édifice. L'hôpital, détruit en 1398, a été remplacé, dès 1370, par un autre qui fonctionna jusqu'en 1796. Le pont fut complété par la construction d'une chapelle sur une pile où Bénezet a été enseveli.

Lors du siège d'Avignon par Louis VIII, en 1226, le pont fut démoli. Les travaux rapides, donnèrent  un pont de pierre dont le tablier était plus élevé. On construisit aussi, au-dessus de la chapelle Saint-Bénezet, une chapelle Saint-Nicolas pour les Nautoniers. 

Le pont, en butte aux crues violentes du Rhône, souffrit de nombreux dégâts, fut réparé jusqu'en 1668. Puis on renonça.

Les crues d'Avignon

Parcours du Rhône, depuis le lac Léman jusqu'à la Méditerranée, au travers des villes dont les distances sont indiquées en km, avec comme point de référence Lyon. Sur ce trajet se trouvent trois types de reliefs (affleurements rocheux, interruption du transport et retenues hydroélectriques) susceptibles d'amoindrir les crues. © Pour IRS - Sogreah 2000, mise en forme Hydratec/MINEA, CC by sa 3.0, by sa 2.5, by sa 2.0 et by sa 1.0

En 563 à Lyon, Grégoire de Tours rapporte : « Au commencement d'octobre, après deux jours de pluies continuelles, le Rhône et la Saône entrèrent en crue. Chose qui ne s'était jamais produite, les deux rivières vinrent se rejoindre au milieu de la presqu'île et formèrent un courant si violent qu'une partie des murs de la ville fut renversée, d'où l'on peut juger du nombre de maisons qui durent être entraînées par les eaux. » À Arles, le cirque romain est abandonné après cette catastrophe.

En 1226, la crue du 17 septembre et des inondations à Avignon ont lieu peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII qui assiégeaient la cité depuis 10 juin. À quelques jours près, la cité eût été sauvée...

Au mois de novembre de l'an 1544, il pleut abondamment en Provence, provoquant une inondation qui fit renverser une partie des murailles de la ville d'Avignon, déterrant les corps des cimetières. Le Rhône a tellement débordé, que depuis la Durance jusqu'à la mer, toute la campagne ne fait qu'un avec elle, à tel point que l'on peut se rendre par bateau de Châteaurenard à Eyragues ou à Saint-Rémy.

Le 12 novembre 1548, la crue atteignit 8 m 45 à l'échelle de Saint-Bénézet (Avignon), contre 7 m 83 en 1856... Sur cette base, on évalue à 16.000 m³.s-1 le débit de la crue millénaire.

Le 3 juin 1856, l'inondation emporte une partie des remparts entre la porte St-Roch et la porte St-Dominique.