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La ville de Calais et ses origines

Dossier - Tourisme dans le Pas-de-Calais
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Géographiquement proche de l’Angleterre et affrontant les caprices de la mer du Nord, le département du Pas-de-Calais est en perpétuel renouvellement industriel. On y trouve également un riche passé dans la fabrication des tissus et l’exploitation des mines, et un patrimoine étonnant.

  
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Calais se nomme Kales en néerlandais, Cales en flamand occidental, et ses habitants sont appelés les Calaisiens. La ville se situe sur la côte d'Opale, à la limite du Pas-de-Calais, et marque la limite entre la Manche et la mer du Nord.

Avec sa situation privilégiée de port vers l'Angleterre, la ville de Calais, la plus grande du Pas-de-Calais, fut protégée par de nombreux forts, et draine aujourd'hui l'activité des réseaux ferroviaires et autoroutiers, et maintenant le tunnel sous la Manche. Calesium en latin, ou Kaleis en vieux français, est attesté dès le VIIIe siècle. En 997, Baudouin VI fait améliorer le port, défendu par deux tours au nord et à l'embouchure de la rivière de Guignes. Son premier document officiel est la charte de Mathieu d'Alsace au XIIe siècle.

Vue de la jetée ouest de Calais (Pas-de-Calais), avec le phare sur le front de mer. © ChrisO, Wikimedia Commons, GNU 1.2

La transgression marine Dunkerque III

Il faut s'imaginer la côte flamande (belge et française) sans villes ni villages, que de vastes dunes avec la mer qui ouvre une brèche par laquelle entrent les marées, inondant la plaine. Ici, un paysage d'étangs saumâtres, de chenaux, de bancs de sable, de vasières, et là les terres plus élevées qui offrent un refuge aux hommes et aux animaux. Ceci se passe entre 250 et 600, et les Celtes ont dû laisser la place à la mer. Plus tard, on donnera aux Francs qui habitent là le nom de Flamands, et la région deviendra la Flandre.

La régression carolingienne (retrait de la mer du Nord) intervient au VIIIe siècle. Des prés salés se forment, et permettent l'élevage de moutons. L'élevage et l'exploitation agricole sont ensuite encouragés par les cisterciens, qui ont tenté d'assécher la région. Mais la mer revient vers l'an mil (transgression Dunkerque III), et s'engouffre dans l'estuaire de l'Yser. Des digues seront finalement élevées aux XIe et XIIe siècles.

Vue sur la Matelote, dans le nord de Calais. © Serge Ottaviani, Wikimedia Commons, DP

La guerre de Cent Ans à Calais

Lors de la guerre de Cent Ans, le siège de Calais devait durer 11 mois à partir du 4 septembre 1346. La ville, protégée par les marais envahis à chaque marée, était défendue par Jean de Vienne, secondé par des chevaliers d'Artois. Jean de Vienne se défait des bouches inutiles et expulse les personnes dépourvues de biens et de provisions (environ 1.000 personnes).

Édouard III bloqua l'entrée du chenal et à partir de juin 1347, il fut impossible de ravitailler Calais. Jean de Vienne écrivit une lettre au roi de France, lettre interceptée par les Anglais. Le 27 juin 1347, l'armée française arrive à Sangatte. Des légats du pape obtinrent une trêve de trois jours. Le blocage par les Anglais empêchant le roi de France d'intervenir, Jean de Vienne demanda d'épargner la population. La ville fut occupée par les Anglais de 1347 à 1558. En 1360, le traité de Brétigny soumet Calais à la domination anglaise à perpétuité, et Calais fut considérée comme partie intégrante du royaume d'Angleterre.

Calais était le lieu d'accès pour l'étain, le plomb, les tissus et la laine : c'était le « joyau le plus brillant de la couronne anglaise ». Charles VII et Philippe le Bon, duc de Bourgogne, conclurent le traité d'Arras (21 septembre 1435) qui mécontenta les Anglais, et la population de Londres put piller les maisons des Hollandais, Flamands et Picards (sujets bourguignons) de la ville. On se souleva en ville, et le duc de Bourgogne déclara la guerre à l'Angleterre : il vint faire le siège de Calais en juin 1436 avec des Flamands et des troupes de Picardie et de Bourgogne. Peu après, Philippe le Bon fut forcé de lever le siège, en juillet 1346.

La reconquête de Calais

La mainmise anglaise sur Calais dépendait de fortifications bien entretenues. La proximité de la frontière franco-bourguignonne rendait les choses difficiles, et la domination anglaise sur Calais devait sa longévité à la rivalité entre la Bourgogne et la France. La victoire de la France sur le duché de Bourgogne marqua la fin de cet état de choses, et François de Guise en profite pour reconquérir Calais en 1558. En 1595 ou 1596, Calais fut capturée par les Espagnols, mais l'Espagne la rendit en 1598 à la France selon les termes du traité de Vervins.

Le parc Richelieu de Calais a été aménagé sur l’emplacement des fortifications de la vieille ville. © Stefi123, GNU 1.2

Calais fut sur le front lors des guerres napoléoniennes. Au cours de la première guerre mondiale, la ville subira une attaque de dirigeable le 23 février 1915, par le zeppelin Z X. Un autre raid, du zeppelin Z XII cette fois, a lieu le 18 mars 1915. Puis le 17 mai 1915, un autre encore...

De la seconde guerre mondiale à nos jours

Lors de la deuxième guerre mondiale, la région fut rattachée à la Belgique par le Reich. À la fin de la guerre, craignant un débarquement, une zone interdite fut mise en place autour du port. En février 1945, alors que la ville est déjà libérée par les Canadiens, Calais est bombardée : une erreur d'appréciation des Britanniques.

Le phare de Calais a été construit en 1848. Il est automatisé depuis 1992. © Serge Ottaviani, Wikimedia Commons, DP

En 2007, plus de 41,5 millions de tonnes de fret sont passées par Calais. En 2015, le port de Calais devrait avoir gagné 100 hectares sur la mer, avec une nouvelle jetée protégeant un bassin de 700 mètres de long. Le trafic de fret a triplé ces deux dernières décennies. Les prévisions sont plus qu'optimistes, et le port de Douvres a déjà entrepris son agrandissement qui devait être achevé en 2012. Une nouvelle génération de ferries devrait apparaître. Le début des travaux était prévu en 2010.