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Béthune et Arras, des villes chargées d’histoire

Dossier - Tourisme dans le Pas-de-Calais
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Géographiquement proche de l’Angleterre et affrontant les caprices de la mer du Nord, le département du Pas-de-Calais est en perpétuel renouvellement industriel. On y trouve également un riche passé dans la fabrication des tissus et l’exploitation des mines, et un patrimoine étonnant.

  
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Villes bourgeoises d'influences flamandes et espagnoles, Béthune et Arras dessinent les limites d'un vaste territoire entre plaines d'Artois, pays minier et villages agricoles. Les terrils, aujourd'hui des lieux de promenade, ont façonné les paysages.

Béthune, cœur économique et culturel

Avec ses 260.000 habitants, l'unité urbaine de Béthune a possédé de tout temps un fort potentiel agronomique. D'autres secteurs économiques, comme le textile au Moyen Âge et plus récemment la mécanique et la chimie, ont marqué la ville. Après 1850, l'exploitation du charbon est au cœur de l'activité locale. La ville est en effet située juste à la frontière des sites miniers.

Ruines de l'église des Récollets à Béthune, dans le Pas-de-Calais. © Velvet, Wikipédia, GNU 1.2

Béthune est aussi nommée la ville de Buridan. Le paradoxe de l'âne de Buridan est une légende (il ne figure nulle part dans les écrits de ce philosophe du XIVe siècle) : un âne serait mort de faim et de soif entre son picotin d'avoine et son seau d'eau, faute de pouvoir choisir par lequel commencer. Il s'agit d'un cas d'école de dilemme poussé à l'absurde, caractérisant le phénomène de double contrainte.

Quelques façades de la Grand-Place de Béthune. La grande toiture sur la droite est celle de la mairie. © Yannick6259, Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

La ville regroupe 18 lieux et monuments de l'inventaire général du patrimoine culturel. On peut citer les façades et toitures de la Grand-Place, ou encore le beffroi et la tour Saint-Ignace.

Arras, l’abbaye Saint-Vaast et les boves

Au IXe siècle, Arras devient la résidence des comtes de Flandre et prospère : les bateaux peuvent accoster, l'eau du Crinchon est utilisée dans la fabrication des tissus. Au XIIe siècle, le développement de l'économie se fait grâce à l'abbaye Saint-Vaast. En 1163, la ville se dote d'une charte qui sert d'exemple aux autres villes de Flandre. Le commerce et l'industrie du drap se développent jusqu'en Orient, et les tapisseries d'Arras, connues sous le nom d'arazzi, s'exportent aussi bien en Italie qu'en Angleterre sous le nom d'arras. En 1191, le traité d'Arras fait entrer le territoire dans le giron du domaine royal.

Descente dans les boves d’Arras. Ces souterrains servaient à l’origine à l’extraction de la craie blanche. © Pir6mon, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Les boves d'Arras sont des souterrains que les Hommes ont creusés depuis le Xe siècle. Ces galeries relient les caves entre elles. Le réseau est remarquable par sa longueur et son état de conservation. Il fut creusé initialement pour extraire la pierre de construction. Ces galeries servirent aussi de refuge, et les souterrains furent réquisitionnés par les Anglais pendant la première guerre mondiale pour y établir un hôpital. L'ingéniosité des carriers est surprenante : ils avaient aménagé ces sous-sols en logements, caves, écuries avec des piliers pour soutenir les voûtes des salles, et des escaliers pour accéder à ces caves, à la température constante de 11 °C.