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Dossier - Impact des changements climatiques sur les oiseaux
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Les changements climatiques on en parle beaucoup, mais il ne faut pas oublier que les oiseaux ne sont, bien sûr, pas en reste dans le grand "chambardement" qui s'opère.

  
DossiersImpact des changements climatiques sur les oiseaux
 

Une étude française a montré que pour une espèce réputée sédentaire, la mésange bleue, les différentes populations (Midi versus Corse) réagissaient différemment à l'éclosion des insectes: certaines s'adaptent et se reproduisent plus tôt, d'autres maintiennent une asynchronie. Et ceci dans des habitats similaires mais spatialement distincts. Au cours du printemps, cette désynchronisation augmente conduisant les adultes à effectuer un effort métabolique trop important pour pouvoir nourrir correctement leurs jeunes. Ce qui entraîne une réduction du succès de reproduction.

Mésange bleue © Sławomir Staszczuk

Des résultats similaires ont été mis en évidence en Amérique du Nord . Aux Etats-Unis, une vaste étude le long des côtes californiennes a montré que le réchauffement des eaux avait pour conséquence une modification de la faune planctonique. Certaines espèces d'oiseaux marins ne trouvent plus de quoi se nourrir et connaissent une forte réduction de leurs effectifs.

C'est le cas du puffin fuligineux, qui niche dans l'hémisphère sud et qui passe la période internuptiale à pérégriner dans les eaux pacifique et atlantique. On estime qu'environ 40% de la population a disparu depuis 1987.

Beaucoup d'équipes de recherche s'attachent actuellement à l'aspect prédictif des changements climatiques sur l'avifaune.

Si les scénarios actuellement prévus se produisent, les écosystèmes risquent d'être profondément modification par les changements climatiques. C'est le cas des milieux montagnards et boréaux par exemple. L'accroissement des températures en zone montagneuse repoussera en altitude le cortège de fleurs inféodées aux prairies lesquelles pourraient être colonisées en partie par une végétation buissonnante ou par des espèces aux affinités moins montagnardes. Certains oiseaux, dont la présence en montagne est relictuelle (comme le lagopède ou perdrix des neiges) pourrait pâtir du réchauffement climatique. Idem pour certaines passereaux comme le merle à plastron.

Dans les régions les plus septentrionales de l'Europe, la taïga (forêt) pourrait croître vers le nord, du fait de températures plus clémentes et de l'augmentation du gaz carbonique, nécessaire à la croissance des arbres. La forêt, en gagnant vers le nord, le ferait au détriment de la toundra. Or cette dernière est un lieu primordial pour la reproduction de millions d'oies, de canards et de petits échassiers. Sa régression conduirait à celle de ces espèces, du fait d'un rétrécissement de la superficie disponible.

C'est ce que révèle une étude commanditée conjointement par la RSPB, le PNUE, English Nature et le WWF. De plus avec la montée des eaux marines, évaluée à 11-88 cm d'ici la fin du siècle, des zones intertidales (c'est-à-dire des vasières) dans les baies et les estuaires risquent de disparaître. Or ces milieux sont vitaux pour ces oiseaux d'eau, tant en migration qu'en hivernage, puisque c'est ici qu'ils se nourrissent.