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Albatros hurleur

DéfinitionClassé sous :zoologie , oiseau , palmipède
Photo d'un albatros hurleur. © Mila Zinkova, GNU FDL Version 1.2

Albatros hurleur (Linnaeus 1758) - Diomedea exulans

  • Ordre : Procellariiformes
  • Famille : Diomedeidae
  • Genre : Diomedea
  • Taille : 1,00 à 1,35 mètre (envergure 3,00 à 3,50 mètres - longueur du bec 18 cm)
  • Poids : 6 à 12 kg
  • Longévité : 80 ans

Statut de conservation UICN : VU vulnérable

Description de l’albatros hurleur

L'albatros hurleur est un probablement l'oiseau de mer qui développe la plus grande envergure de la famille des Diomedeidae. Son plumage est principalement blanc ainsi que les ailes, à l'exception des rémiges qui sont noirâtres, ponctuées de taches blanches. Le croupion est blanc et bordé d'une frange sombre. Les teintes du plumage définitif s'acquièrent sur une période d'une vingtaine, voire d'une trentaine d'années. Le bec, long et crochu et les pattes palmées sont rosâtres.  

Albatros hurleur. © JJ Harrison, CC-by-SA 3.0

Habitat de l’albatros hurleur

L'albatros hurleur n'est présent que dans l'hémisphère sud, dans les océans Pacifique, Atlantique, Indien et Austral, grossièrement entre le 60e et le 30e degré de latitude sud. L'oiseau est pélagique et ne gagne la terre ferme que pour se reproduire. Il nidifie sur les îles subantarctiques telles que la Géorgie du Sud, les îles de l'archipel du prince Edouard et Crozet, les îles Kerguelen où même sur l'île Macquarie qui est située entre l'Antarctique et la Nouvelle-Zélande. 

Albatros hurleur en vol. © Lt Elizabeth Crapo, NOAA, CC by 2.0

Comportement de l’albatros hurleur

En dehors des périodes de reproduction, lors desquelles il fait preuve de grégarisme, l'albatros hurleur vit seul ou en petits groupes. Les grands rassemblements n'ont lieu qu'autour des chalutiers. C'est un voilier exceptionnel qui peut parcourir des distances fabuleuses grâce à la portance de ses ailes et à sa faculté de bloquer leurs articulations afin d'économiser ses muscles. Il plane en permanence et est capable d'affronter des vents de 160 km/h. Il est très maladroit au sol car il lui arrive fréquemment de trébucher et de tomber en se marchant sur les palmures. C'est un nageur et un plongeur plutôt médiocre, et ses méthodes d'atterrissage ne sont pas très efficaces. En effet, les arrivées au sol se terminent régulièrement par de lourdes chutes suivies de culbutes spectaculaires. Pour s'imprégner de la technique, si c'en est une, il suffit de revoir Orville dans le dessin animé Bernard et Bianca !

Albatros hurleur en mer. © Mark Jobling, domaine public

L'albatros hurleur doit son nom aux cris perçants qu'il pousse lorsqu'il se bat avec un congénère pour gagner sa pitance, défendre son territoire ou gagner les faveurs de sa belle. Le reste du temps c'est un oiseau plutôt silencieux. C'est un voyageur infatigable qui est en mesure de franchir de grandes distances en un laps de temps assez court. Compte tenu de sa grande taille, l'oiseau adulte n'a pas de prédateur mais les poussins et les œufs subissent la prédation des labbes ou des chionis, ainsi que des mammifères introduits sur certaines îles lorsque les nids sont laissés sans surveillance. La mortalité des juvéniles peut atteindre 75 % la première année.

Reproduction de l’albatros hurleur

L'albatros hurleur n'est en mesure de se reproduire pour la première fois qu'au bout de sept ou huit ans. Il peut même attendre l'âge de quinze ans avant de s'accoupler pour la vie. Le nid est placé sur les hauteurs d'une falaise où la prise au vent est importante, ce qui aide au décollage. Ce dernier étant au moins aussi chaotique que l'atterrissage. Le nid tapissé d'herbes, de terre et d'algues sèches peut atteindre un mètre de diamètre. La femelle pond un œuf unique qu'elle couve en alternance avec le mâle pendant près de 80 jours. Le relais s'effectue toutes les deux ou trois semaines. Après l'éclosion du poussin, les deux parents continuent à le nourrir et à le protéger pendant encore un mois. Puis ils l'abandonnent pendant de longues périodes pour s'alimenter à leur tour, et gavent leur progéniture à leur retour. Cette alternance d'absences et de nourrissages dure environ huit mois, jusqu'à ce que l'oisillon soit en mesure de s'envoler. Cette longue période de reproduction (la plus longue jamais observée chez des oiseaux), fait que l'albatros hurleur ne nidifie que tous les deux ans.

Albatros hurleur paradant. © Dimitri Damasceno, CC-by-SA 2.0

Régime alimentaire de l’albatros hurleur

Le menu principal de l'albatros hurleur est surtout composé de céphalopodes, dont les calmars, mais aussi de poissons, de mollusques et de crustacés. Mais il ne dédaigne pas les charognes ou les déchets rejetés par les bateaux. Il pêche uniquement en surface de jour comme de nuit, et n'effectue que des plongées n'excédant pas un mètre. 

Menaces sur l’albatros hurleur

Les populations d'albatros hurleurs sont disséminées sur l'ensemble des océans de l'hémisphère sud et ne représentent que quelques milliers de couples nicheurs au niveau mondial. Les menaces pesant sur l'espèce sont principalement de plusieurs natures : la prédation par des animaux introduits sur les îles où l'albatros hurleur niche, les palangriers et sa faible capacité de reproduction. Une étude menée en 2007 sur l'île Bird par le British Antarctic Survey, a révélé que la moitié des poussins avait avalé des poissons contenant... des hameçons. 

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