au sommaire


    Les pyrophytes sont des plantes qui tirent profit du feufeu. Elles possèdent naturellement des traits qui les avantagent par rapport à d'autres plantes en cas d’incendie, même si elles peuvent vivre sans. Les espèces pyrophiles au sens strict ont quant à elles besoin du passage du feu pour compléter leur cycle de vie. C'est le cas de Daldinia caldariorum, un champignon qui ne produit d'organe de fructification, et assure donc sa reproduction sexuée, qu'en se développant sur l'ajonc nain (Ulex minor) une fois celui-ci brûlé.

    Deux photos prises 1 an (à gauche) et 2 ans (à droite) après l'incendie d'une forêt boréale en Estonie. Les pins, dont les branches basses tombent naturellement, ont résisté aux flammes qui ne sont pas montées jusqu'aux branches porteuses d'aiguilles. Ces organes essentiels à la survie de l'arbre n'ont ainsi pas été endommagés, et le tronc n'est carbonisé qu'en surface, grâce à une écorce épaisse. © Hannu, Wikimedia Commons
    Deux photos prises 1 an (à gauche) et 2 ans (à droite) après l'incendie d'une forêt boréale en Estonie. Les pins, dont les branches basses tombent naturellement, ont résisté aux flammes qui ne sont pas montées jusqu'aux branches porteuses d'aiguilles. Ces organes essentiels à la survie de l'arbre n'ont ainsi pas été endommagés, et le tronc n'est carbonisé qu'en surface, grâce à une écorce épaisse. © Hannu, Wikimedia Commons

    Les plantes qui résistent au feu

    Chez les pyrophytes, deux types sont généralement considérés par les écologues : les pyrophytes passives et les pyrophytes actives. 

    Les pyrophytes passives se contentent de bien résister aux feux de forêt et peuvent en bénéficier, par exemple grâce à une écorce particulièrement épaisse, comme c'est le cas du chêne-liège (Quercus suber). Les pins aussi résistent généralement bien aux incendies d’intensité basse à modérée, la chaleurchaleur et la fumée aident même leurs cônescônes à s'ouvrir et libérer leurs graines, c'est ce qu'on appelle la sérotinie. Le mélèze quant à lui est peu inflammable grâce à son écorce épaisse mais aussi ses épines riches en eau. Certaines plantes plus petites comme la dionée attrape-mouches vivent près du sol, dont l'humidité leur permet d'échapper aux flammes. 

    D'autres pyrophytes régénèrent particulièrement bien leur communauté après le passage d'un incendie, comme le pin d’Alep (Pinus halepensisPinus halepensis). Contrairement à d'autres espèces de conifères, il n'élague pas naturellement ses branches basses, et a une forte teneur en résine inflammable et de nombreux cônes, ce qui favorise la progression du feu vers sa canopée. Cela a certes pour effet de tuer les jeunes arbresarbres, mais ceux-ci se reproduisent très rapidement, et seront remplacés par la génération qu'ils engendrent en grande quantité dans des cônes sérotineux activés par le feu. Et pour parachever leur sacrifice, leurs cendres créeront un sol au pH très élevé, particulièrement avantageux pour les nouveaux pins qui pousseront abondamment aux pieds de leurs parents calcinés. 

    Les plantes qui propagent les incendies

    Les pyrophytes actives quant à elles sont adaptées à propager le feu et à l'alimenter. Le cas le plus célèbre est celui des eucalyptus qui produisent une huile hautement inflammable et qui émanent des vapeurs dont la combustioncombustion explosive alimente les feux de brousse. Ces adaptations de pyromanes leur permettent de se débarrasser d'autres essences concurrentes qui seraient tentées d'envahir leur habitat. 

     

    Champ lexical : plante pyrophile | pyrophile