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En bref : les insectes aussi sont touchés par la pollution sonore !

ActualitéClassé sous :zoologie , pollution sonore , criquet mélodieux

La pollution sonore a fait une nouvelle victime. Les criquets mélodieux vivant au bord des routes auraient en effet adapté leurs stridulations, en augmentant le volume des basses fréquences, pour se faire entendre malgré le trafic routier. Reste à savoir si ces insectes pourront continuer à se faire comprendre de leurs partenaires. 

Le criquet mélodieux Chorthippus biguttulus se rencontre en Europe, en Asie et au Maroc. Il produit ses stridulations en frottant les épines de ses pattes arrière contre des veines saillantes situées sur ses ailes antérieures. © Juergen Mangelsdorf, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les activités anthropiques provoquent parfois de véritables pollutions sonores. Or, de nombreux animaux communiquent en produisant des sons, notamment pour marquer leur territoire, signaler la présence d'un prédateur ou trouver un partenaire sexuel. Afin de continuer à se faire entendre, certaines espèces n'ont pas eu le choix : elles ont dû adapter leurs chants. Des cas concrets ont déjà été observés chez des mammifères marins, des oiseaux, des grenouilles et, pour la première fois, chez des insectes

C'est ce que vient de prouver Ulrike Lampe de l'université de Bielefeld (Allemagne) dans la revue Functional Ecology. En compagnie de ses collègues, cette chercheuse a prélevé 188 criquets mélodieux mâles (Chorthippus biguttulus) dans la nature. Une moitié d'entre eux ont été capturés en bord de route, et l'autre moitié au sein d'environnements calmes. Leurs chants ont alors été enregistrés en laboratoire à plus de 1.000 reprises en présence de femelles. Les stridulations durent environ 2 secondes et se composent de hautes fréquences, mais aussi de basses fréquences comprises entre 6 et 9 kHz. Le volume de ces dernières serait littéralement « boosté » chez les criquets des routes. 

Plusieurs problèmes liés à cette adaptation pourraient apparaître en période de reproduction. Ils sont de nature à réduire la survie de l'espèce au sein des zones polluées. N'entendant plus les bons chants, les femelles pourraient en effet perdre leur attirance pour les mâles ou sous-estimer leur pouvoir reproducteur. Dernier détail, l'importance de l'adaptation serait directement liée au nombre d'années écoulées depuis la construction de la route incriminée, prouvant ainsi que le processus est plutôt localisé.  

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