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L'Eyjafjöll émet moins de cendres mais reste actif... et polluant

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Le panache de cendres qui s'échappe du volcan islandais maigrit et fléchit, dégageant le ciel pour les lignes aériennes. L'activité volcanique, plus faible, n'a cependant pas disparu. Cette fois, il y a bien un risque pour la santé, celle des Islandais...

L'activité sismique en Islande le 21 avril 2010 à 12 h 45 TU. Le désormais célèbre glacier Eyjafjallajökull se situe à la pointe sud, là où se trouve deux cercles bleus et un cercle jaune. Le bleu indique qu'un séisme de magnitude inférieure à 3 s'est produit dans les 14 à 36 heures précédentes. Un peu à l'est, le cercle rouge localise un séisme survenu dans les 4 dernières heures. Reykjavik se trouve dans la baie orientée vers l'ouest, au nord du cercle orange (un séisme il y a 4 à 12 heures). © Icelandic Met Office

Les secousses sismiques se poursuivent au sud de l'Islande et l'activité continue au sein du système volcanique installé sous l'imprononçable glacier Eyjafjallajökull, également appelé Eyjafjöll. Mais, bonne nouvelle, elle se réduit. D'après le Nordic Volcanological Center, les fontaines de laves du volcan Eyjafjöll éjectent actuellement 30 mètres cubes de magma par seconde, soit 75 tonnes, dix fois moins que le 17 avril.

L'eau du glacier qui surmonte ces remontées magmatiques, estimée à un kilomètre cube au début de l'éruption, serait désormais en grande partie évaporée, ce qui limite l'ampleur du nuage de cendres. Le panache ne s'élève plus qu'à trois kilomètres, contre plus du double au maximum de l'éruption. Les avions peuvent désormais circuler sans risque dans une grande partie de l'espace aérien européen. Tous les aéroports français, notamment, sont ouverts.

Gare au fluor

En revanche, les Islandais sont désormais directement exposés. Non seulement le nuage est plus bas mais il est aussi bien plus concentré en fluor. Avec la réduction de la quantité d'eau, qui provoquait une dilution, la teneur est passée de 25 à 35 mg/kg de cendres au début de l'éruption à 850 mg/kg le 19 avril. Le nuage pourrait de ce fait devenir dangereux pour les habitants de la région et notamment pour le bétail et leurs éleveurs. Rappelons que l'éruption a lieu au sud de l'Islande, à 120 kilomètres de la capitale Reykjavik, située à l'ouest, donc, heureusement, protégée grâce aux vents dominants, qui viennent de l'ouest.

Les volcanologues soulignent que le volcan Eyjafjöll n'a pas du tout cessé son activité et qu'elle pourrait se poursuivre ou s'amplifier, au même endroit ou ailleurs. Bref, on ne sait rien prédire pour l'instant et on ne peut qu'espérer que l'activité ne réveillera pas le volcan Katla, tout proche et bien plus agressif que le paisible Eyjafjöll.

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