Ce lundi 19 septembre, le Mexique était frappé par un nouveau et puissant séisme, qui a notamment provoqué une crise sismique plus au nord, en Californie. Les effets de ce tremblement de terre ont également été observés en plein milieu de la région désertique de la vallée de la Mort, générant un tsunami dans une grotte inondée.

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Lundi 19 septembre, le Mexique était secoué par un violent séisme de magnitude 7,6. Cet événement est survenu à la même date que deux autres précédents séismes, qui avaient fait de nombreux morts en 1985 et plus récemment en 2017.

Depuis trois jours, plusieurs répliques se sont fait sentir dans la ville de Mexico, dont une particulièrement forte jeudi, avec une magnitude de 6,9. Mais cette activité sismique s’est également propagée plus au nord, notamment en Californie. La côte et aussi l’intérieur des terres ont ainsi été pris de tremblements ces derniers jours. Vingt-cinq séismes ont secoué la région de Sacramento en 24 heures. La puissance de cet essaim sismique reste cependant faible, sans impact sur la population.

Une région sous fortes contraintes tectoniques

La survenue de telles secousses n’est pas surprenante pour la région de la côte ouest du continent nord-américain, qui se situe à l’interface entre plusieurs plaques tectoniques. La côte ouest du Mexique est en effet le théâtre de la confrontation entre trois plaques différentes : les plaques Cocos et Rivera, qui passent toutes deux en subduction sous la plaque nord-américaine. En plongeant sous le continent nord-américain au niveau du Mexique, les deux petites plaques engendrent des contraintes compressives énormes qui se relâchent régulièrement sous la forme de séismes, parfois très violents et pouvant produire des tsunamis. Lundi 19 septembre, c’est bien ce mécanisme qui a été la cause du séisme ressenti à Mexico.

Situation tectonique du Mexique, où les plaques Cocos et Rivera (micro-plaque) passent en subduction sous la plaque nord-américaine, provoquant de puissants séismes de manière régulière. © Sting and Rémih, Wikimedia Commons, CC by-sa 2.5
Situation tectonique du Mexique, où les plaques Cocos et Rivera (micro-plaque) passent en subduction sous la plaque nord-américaine, provoquant de puissants séismes de manière régulière. © Sting and Rémih, Wikimedia Commons, CC by-sa 2.5

En remontant vers le nord, on bascule sur une confrontation entre les plaques nord-américaine et Pacifique. Ici, pas de subduction, mais une longue zone en cisaillement. C’est la bien connue faille de San Andreas. Les deux blocs tectoniques se déplacent de part et d’autre de cette limite de plaque de l’ordre de 4 cm/an, provoquant là encore d’importants séismes.

L’ombre du Big One plane à chaque fois

L’ensemble de la région étant soumis à d’énormes contraintes tectoniques, un séisme au Mexique peut très bien entraîner une déstabilisation plus au nord. Et cette nouvelle crise sismique frappant la Californie réveille sans conteste la peur du Big One, ce terrible séisme que la population se prépare à vivre d’un jour à l’autre.

La faille de San Andreas marque la limite entre les plaques Pacifique et nord-américaine. Son mouvement cisaillant est également à l'origine de très puissants séismes, comme le redouté Big One. © Ikluft, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0
La faille de San Andreas marque la limite entre les plaques Pacifique et nord-américaine. Son mouvement cisaillant est également à l'origine de très puissants séismes, comme le redouté Big One. © Ikluft, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

Mais le séisme mexicain a eu un autre effet, pour le moins surprenant. Au moment où la terre se mettait à trembler à Mexico, des responsables du Parc national de la vallée de la Mort ont noté un phénomène étrange, à environ 3.000 kilomètres de l’épicentre, en plein cœur de cette région désertique de Californie.

Un tsunami dans le désert, à 3.000 kilomètres de l’épicentre

Alors qu’ils étudiaient une caverne remplie d’eau portant le doux nom de Devils Hole (le trou du diable), ils ont été témoins d’un mouvement anormal de l’eau, qui s’est rapidement transformé en vagues importantes percutant les bords du gouffre. Cet effet, appelé « seiche », est en lien direct avec le séisme au Mexique et peut s’apparenter à un véritable « tsunami dans le désert », comme le remarque un employé du parc.

Le tremblement de terre au Mexique a provoqué des vagues dans la vallée de la Mort en Californie. © BNO News, YouTube

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le phénomène est observé au niveau du Devils Hole. De précédents tremblements de terre très puissants ayant eu lieu au Japon, en Indonésie et au Chili avaient à chaque fois provoqué des mouvements, plus ou moins marqués, de la surface de l’eau, alors qu’aucune secousse n’est ressentie par les observateurs. Cette caverne semble ainsi être un véritable indicateur des séismes ayant lieu dans le monde.

Le phénomène de seiche s’observe habituellement dans des bassins fermés et se définit par la génération d’ondes stationnaires sous l’effet de secousses sismiques, du vent ou de variations de la pression atmosphérique. Ce type d’oscillation produit par le déséquilibre de la masse d’eau peut durer longtemps, parfois plusieurs heures, après l’arrêt de la perturbation.