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Les fuites du Lac Michigan

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Une étude de cinq ans et d'un coût de 14,7 millions de dollars va être lancée par la Commission Mixte Internationale pour étudier l'origine de la baisse du niveau moyen des lacs Michigan et Huron.

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Depuis le début des années 60, la moyenne à long terme du niveau des deux lacs (en fait deux lobes d'un même lac) aurait subi une baisse de 70 cm. La plupart des spécialistes s'accorde à imputer 40 cm de cette baisse au surcreusement, réalisé entre 1960 et 1962 par l'US Army Corps of Engineers, du chenal de navigation de la rivière Saint-Clair qui relie le la Huron au lac Erié, en aval.

Une étude récente (juin 2005) réalisée par une association canadienne de riverains du lac Huron, la Georgian Bay Foundation, affirme que les travaux de 1960 ont mis à nu, au fond de la rivière, des niveaux sablo-argileux qui, depuis lors, subissent une érosion constante. Celle-ci serait responsable d'un approfondissement indésirable du chenal et donc d'un drainage beaucoup plus important que prévu. Le niveau des lacs Michigan-Huron se rapproche progressivement de celui du lac Erié. En 40 ans, le différentiel de niveau entre les deux masses d'eau a chuté de 23 centimètres.

Cependant, cette baisse s'inscrit aussi dans une tendance historique : l'écart de niveau s'est réduit de 80 cm depuis le milieu du 19ème siècle. L'étude lancée par la CMI a donc pour objectif d'évaluer plusieurs hypothèses complémentaires. La décompensation du bouclier Laurentien consécutive à la dernière glaciation et le déficit relatif de précipitations dans le bassin Michigan-Huron seront ainsi étudiés, de même que les conséquences locales du changement climatique sur le bilan en eau. Selon la NOAA, la baisse de niveau actuellement constatée " doit être replacée dans le contexte des fluctuations du niveau d'eau au cours de 4700 dernières années ".

Il n'y a pas que l'état hydrique des Grands Lacs qui soit préoccupant. Leur écologie et leur qualité chimique posent des problèmes considérables. En mai 2004, le président Bush a mandaté l'EPA pour mettre en place une alliance régionale chargée d'élaborer un plan de restauration. Ce plan a été soumis au Congrès, mais compte tenu des 20 milliards de dollars qui seraient nécessaires pour le mettre en oeuvre, les observateurs ne sont pas optimistes quant à son devenir législatif à court terme.

Par Philippe Jamet

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