Les mini-forêts mesurent entre 200 et 300 mètres carrés. © Marcin, Adobe Stock
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Les mini-forêts, une solution au réchauffement climatique ?

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[EN VIDÉO] Les miniforêts, une solution au réchauffement climatique ?  Le japonais Akira Miyawaki a inventé dans les années 1970 une méthode portant son nom pour créer des miniforêts urbaines. Le principe ? Des forêts très denses de 200 à 3.000 mètres carrés plantées avec des espèces d’arbres locales. 

Des mini-forêts ultradenses, plantées avec des espèces natives et résiliantes : c'est le principe de la méthode Miyawaki, qui vise à lutter contre la pollution, le réchauffement et à préserver la biodiversité et les sols. Un concept qui fait des émules un peu partout dans le monde.

Il y a les vastes zones forestières, comme l'Amazonie, la Sibérie ou la forêt tropicale du Congo. Ces forêts jouent un rôle essentiel dans la séquestration du carbone et le maintien de la biodiversité. Mais, à l'instar des petits ruisseaux qui font les grandes rivières, il existe aussi des « mini-forêts » urbaines, qui peuvent, elles aussi, apporter de nombreux bienfaits écologiques en plus de la captation du CO2 : filtrage des particules fines, drainage des eaux de ruissellement, habitat protégé pour la petite faune et la flore résiduelle, espace de bien-être et de ressourcement, effet « climatisation » l'été, barrière sonore...

La méthode Miyawaki : des miniforêts urbaines et participatives

Le concept de mini-forêts issues de la méthode Miyawaki a essaimé dans plus d'une cinquantaine de pays et a été repris par de nombreuses organisations comme Afforestt, Thuvakkam ou SayTrees. Afforestt a ainsi planté 450.000 arbres dans le monde à travers une centaine de projets. En France, c'est l'association Minibigforest, fondée en 2018, qui est la plus active. Collectivités locales, entreprises, écoles ou particuliers, chacun peut se lancer, insiste l'association.

À Vandœuvre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle, France 3 a ainsi participé à la création d'une microforêt en aménageant ses espaces extérieurs. Une trentaine d'essences locales d'arbres, d'arbustes ou de plantes couvre-sol ont été sélectionnées afin de créer une forêt « à étages ». Cela permet de favoriser la coopération et d'éviter la propagation des maladies, fait valoir MiniBigforest.

À la Porte de Montreuil, l’association Boomforest a mis en œuvre en 2018 des plantations de type Miyawaki, le long du périphérique parisien. À droite, en mai 2020, la mini-forêt deux ans après la plantation. © Boomforest, CC by-nc-nd

À Paris, une autre association, Boomforest, a planté quatre mini-forêts le long du boulevard périphérique ou sur le campus de l'université de Nanterre. En 2021, une autre mini-forêt a été créée au parc de Parilly, à Lyon, en appliquant la méthode Miyawaki. Une prochaine plantation est prévue fin novembre et les inscriptions débutent.

250 kg de CO2 stockés par an et par forêt

Mais c'est en Asie que le concept est le plus populaire. En février, le premier ministre pakistanais a ainsi annoncé la création de 50 mini-forêts dans la région de Lahore, au nord-est du pays. À Chennai, en Inde, ce sont 1.000 mini-forêts qui sont programmées, destinées à faire passer la couverture forestière de la ville de 17 à 25 %. Ces projets, qui impliquent la participation active des citoyens, visent à lutter contre la pollution qui atteint souvent des niveaux catastrophiques dans les grandes villes asiatiques.

Les mini-forêts sont aussi un moyen simple de contribuer à la lutte contre le changement climatique. Selon une étude néerlandaise portant sur onze parcelles plantées avec la méthode Miyawaki, une mini-forêt séquestre en moyenne 127,5 kg de CO2 par an pour les petites forêts âgées de 1 à 5 ans. Mais, au fur et à mesure que les arbres grandissent, le chiffre devrait monter à 250 kg/an, soit le niveau moyen des forêts néerlandaises naturelles à surface équivalente, selon l'étude. Cela peut sembler faible lorsque l'on sait qu'un Français émet en moyenne 11 tonnes de CO2 par an. Mais, en multipliant ces mini-forêts, cela pourrait avoir un impact non négligeable.

Ces mini-forêts semblent surtout plus viables que les énormes plans de reforestation, dont beaucoup ont échoué avec des arbres morts au bout de quelques mois, faute de sol et d'entretien adapté. La mini-forêt devient autonome au bout de trois ans seulement et, à la différence des monocultures, permet d'entretenir la biodiversité.

Dans l'enceinte de l'université Paul Sabatier à Toulouse, création d'une mini-forêt sur une parcelle de 1.000 m2. © Actu-Environnement


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