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Palm Islands : les îles-paradis de Dubaï inquiètent les écologistes

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La construction de quatre îles artificielles au large de Dubaï - projet Palm Islands, chacune pouvant abriter plusieurs milliers de villas et d'hôtels de luxe, suscite l'admiration de tous les architectes et ingénieurs du monde. Mais ces projets, qui sont aussi de véritables œuvres d'art par leur aspect, ne constituent-ils pas une menace pour l'environnement ?

The World.

Palm Jumeirah, la première des gigantesques îles dont la forme évoque un palmier, a déjà accueilli ses premiers résidents. Deux autres structures semblables et une quatrième, en forme de planisphère, sont en construction. Mais si la réalisation s'avère un succès autant qu'une prouesse technologique, les écologistes s'inquiètent de l'impact sur l'environnement que pourraient représenter les millions de mètres cubes de sable extraits du fond du Golfe.

Car ce sable, il faut bien le déplacer quelque part. Il convient aussi de prendre en compte l'émission de déchets des milliers de personnes qui vivront en ces lieux autrefois vierges, ainsi que l'impact sur l'environnement de la pollution provenant du surcroît d'énergie consommée par cette population.


Détail de Palm Jumeirah, la première île artificielle. Crédit The Palm.

La société Nakheel contrôlée par les Emirats et promotrice du projet, rassure en affirmant que tout a été fait pour limiter les nuisances. "L'ingénierie et la recherche ont mis au point des innovations mondiales, avec l'objectif constant de fixer de nouvelles normes en matière d'environnement", affirme Shaun Lenehan , directeur de Nakheel pour l'environnement. Il signale aussi que toutes les eaux usées produites par les deux usines de dessalement de l'eau de mer alimentant chaque île sont entièrement recyclées et utilisées à des fins d'irrigation, l'inverse ayant été impensable compte tenu de la rareté ou de l'absence de sources d'eau douce dans la région.

Devant les réserves émises par l'organisation écologique WWF concernant les vastes opérations de dragage et leur impact sur l'environnement marin, Shaun Lenehan annonce que cinquante espèces de poissons et douze de corail vivent maintenant à l'intérieur et autour des digues de Palm Jumeirah, qui ont elles-mêmes attiré plusieurs populations de requins, de dauphins, de raies, de barracudas et de méduses, entre autres, et qu'un véritable écosystème est en train de se créer.

Ibrahim Bashir, un plongeur kenyan qui visite régulièrement les profondeurs marines du Golfe depuis trois ans, signale toutefois qu'alors que la visibilité sous l'eau dépassait les 10 mètres autrefois, il est devenu difficile d'apercevoir sa propre main tendue, mais lui aussi se réjouit de l'apparition de nouvelles espèces dans ce biotope très particulier.

Dernier risque soulevé, le danger représenté par les cyclones les plus violents semble réduit par la construction même des îles, qui ont été conçues pour résister à des vagues de 4,5 mètres de haut et à un accroissement du niveau de la mer de 0,6 mètre par siècle.
On doit cependant admettre que l'aspect environnemental et écologique de ce projet pharaonique n'a pas été négligé par les ingénieurs, et que même si toute solution est perfectible, cette réalisation pourrait faire école et s'imposer ailleurs dans le monde, peut-être sur une échelle moindre, comme solution à certains problèmes d'urbanisation.

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