Planète

En bref : les floraisons algales sont de plus en plus toxiques

ActualitéClassé sous :développement durable , Bloom , efflorescence algale

La toxicité des floraisons algales croît à mesure que le recours aux engrais augmente et que le climat se réchauffe. Dans une nouvelle étude, une équipe de recherche américaine exprime ses inquiétudes : l'eau potable pourrait bien devenir toxique à son tour.

Ce bloom planctonique est dû à l'efflorescence d'une cyanobactérie. C'est seulement quand la bactérie meurt ou est ingérée qu'elle libère ses toxines. © Lamiot, Wikipédia, GNU 1.2

Les eaux douces sont de plus en plus contaminées. L'utilisation intensive d'engrais, combinée au changement climatique a pour conséquence directe d'augmenter la fréquence des floraisons algales dans les milieux aquatiques. En Chine, tellement d'éléments nutritifs terminent dans la mer Jaune qu'un bloom algal se produit de plus en plus souvent. Dans le reste du monde aussi le phénomène s'observe. Depuis les années 1960, les Bretons sont régulièrement confrontés aux marées vertes, et aux États-Unis les blooms du lac Érié sont si importants qu'on les voit depuis l'espace ! Le problème est que plus l'eutrophisation augmente, plus la proportion de cyanobactéries toxiques croît.

Ces bactéries sont apparues sur Terre voilà 3,5 milliards d'années. Elles sont soupçonnées d'avoir produit l'oxygène contenu dans la troposphère, et auraient donc ouvert la voie à l'évolution de la vie terrestre. Elles sont extrêmement adaptables et ne sont pas près de fuir. Barrages, hausses de la température et des concentrations de dioxyde de carbone, sécheresses, et augmentation du ruissellement des éléments nutritifs des terres urbaines et agricoles sont des facteurs favorisant leur développement. Il existe une espèce en particulier que l'Homme doit craindre : Microcystis sp. Dans un milieu oxydant et lumineux, ces bactéries résistent mieux que n'importe quelle cyanobactérie non toxique.

Dans la revue Science, les chercheurs Hans W. Paerl et Timothy Otten rapportent que ces bactéries prennent l'avantage sur les autres dans des milieux comme le lac Érié aux États-Unis par exemple. Elles deviennent dominantes et les impacts pour l'Homme sont à prendre au sérieux. Ces bactéries produisent des microcystines, toxines hautement nocives. En Australie, une efflorescence algale de la rivière Darling (de 100 km de long) avait provoqué le décès de 2.000 bovins. Cet été, le lac Érié a eu un bloom exceptionnel, qui a empoisonné plusieurs chiens et animaux sauvages. « L'exposition chronique à de l'eau potable contenant ces composés est une préoccupation importante, commente Timothy Otten. Ces cyanobactéries sont les cafards du monde aquatique. Ils sont l'invité surprise qui ne veut pas partir. »

Cela vous intéressera aussi