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En bref : l’Allemagne délaisse les agrocarburants

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Le gouvernement allemand a officiellement annoncé par la voix de son ministre de l'environnement Sigmar Gabriel l'abandon du projet E10, qui prévoyait d'introduire 10 % d'éthanol d'ici 2009 dans l'essence des véhicules.

Champs de colza près de Bavenhausen (Allemagne). Licence : Commons

L'Allemagne se voulait pionnière européenne dans ce domaine mais deux raisons essentielles l'ont conduite à ce revirement. La première est technique. Plus de trois millions des voitures actuellement en circulation sont inaptes à recevoir le nouveau carburant, plus corrosif que l'essence classique, provoquant l'usure prématurée de certaines pièces.

La seconde raison est liée à la production du biodiesel destiné à la commercialisation, qui exige environ 20 % d'huile de soja importée depuis l'Amérique du Sud et l'Indonésie. Or, la demande croissante de ce produit incite les agriculteurs à délaisser les cultures alimentaires locales au profit des biocarburants, provoquant une véritable flambée et le risque de famines.

« Les biocarburants représentent un danger pour la biodiversité, ils imposent une pression massive sur la forêt tropicale et détruisent les capteurs naturels de gaz à effet de serre contenus dans les sols non cultivés », argumente Christian Hey, secrétaire général du Bureau fédéral allemand pour l'Environnement (UBA). Pour généraliser les agrocarburants, l'Allemagne compte sur la deuxième génération, un terme assez vague qui désigne en général les carburants réalisés à partir de filières non concurrentielles avec l'agriculture comme, par exemple, la transformation de la lignine du bois.

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