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Eau ou bio-éthanol : faudra-t-il choisir ?

ActualitéClassé sous :technologie , développement durable , Biofuel

Aux Etats-Unis, des spécialistes s'inquiètent des conséquences qu'aura sur la ressource en eau une extension des cultures de maïs destinées à la fabrication de carburants.

Véhicule roulant au bio-éthanol.

Une commission spécialement diligentée par le gouvernement américain auprès du National Research Council affirme que si l'augmentation de production d'éthanol se poursuit comme annoncé, de sérieux problèmes pourraient surgir concernant l'approvisionnement en eau au niveau régional et local. Et de suggérer la mise au point de nouvelles techniques agricoles afin de réduire l'impact des biocarburants sur les ressources d'eau.

Les hausses régulières du prix du pétrole, considérées conjointement avec les politiques de subventions par le gouvernement américain qu'elles ont elles-mêmes provoquées, conduisent irrémédiablement à une augmentation de la production d'éthanol de maïs. Cela d'autant que le président Bush a décidé de fixer à 133 milliards de litres d'éthanol la production annuelle d'ici 2017 dans le cadre du souci d'indépendance énergétique du pays, ce qui représenterait 15 % de la consommation des Etats-Unis en matière de transports.

Mais selon le comité mis en place au National Research Council, l'activité agricole qui en résulterait, notamment en zone sèche, seraient immédiatement préjudiciables à l'approvisionnement en eau. Les pratiques d'irrigation actuelles devraient en effet être renforcées dans de nombreuses régions des Etats-Unis, et cela en fonction des conditions locales, y compris climatologiques.

Le comité cite en exemple les plaines du nord et du sud du pays, où le maïs absorbe plus d'eau que le soja et le coton, inversement à ce que l'on constate dans les régions montagneuses et du Pacifique. En certains endroits, la consommation de l'eau entrerait en concurrence avec d'autres besoins, comme la culture de plantes alimentaires, l'hydro-électricité, ainsi que l'approvisionnement naturel des rivières. Bien que la culture du maïs soit parfaitement modélisée, d'importantes lacunes existent encore sur la quantité d'eau nécessaire à d'autres productions basées sur d'autres plantes, indigènes ou non. D'autres solutions méritent aussi d'être explorées, comme l'irrigation au moyen d'eaux usées non utilisables pour les récoltes vivrières, ou la mise au point de plantes génétiquement modifiées dont le besoin en eau serait moindre.

Sols en souffrance

Mais la qualité des eaux souterraines et des nappes phréatiques, des fleuves, des eaux côtières et même extraterritoriales pourrait aussi subir les conséquences de l'utilisation accrue d'engrais et de pesticides, dont le maïs réclame une plus grande quantité que les autres plantes. Les taux particulièrement élevés d'azote dans certains terrains sont une des causes essentielles de l'apparition de zones à faible teneur en oxygène, dites hypoxiques, mortelles pour la plupart des espèces vivantes, et qui couvrent de larges domaines du Golfe du Mexique, de Chesapeake Bay et d'autres régions.

A ce sujet, le comité indique que plusieurs solutions existent, comme l'injection directe des engrais sous la surface des sols. Elle impose d'effectuer un bilan précis de ce qui est absorbé et rejeté afin d'éviter toute saturation en polluants. Et tout cela a un coût...

Le comité conclut aussi que même si la quantité d'eau entrant dans le cycle de fabrication et de raffinerie de l'éthanol reste modeste en comparaison de la culture des plantes, celle-ci aussi peut affecter les approvisionnements locaux. Ainsi, une usine produisant quelque deux milliards de litres par an consommerait la même quantité d'eau qu'une ville de 5000 habitants.

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