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Printemps 2011 : une vue satellite de la sécheresse

ActualitéClassé sous :climatologie , climat , radiomètre interférométrique

Le satellite européen Smos, lancé en novembre 2009, a pour mission de mesurer la salinité de l'eau et l'humidité des sols, afin de mieux comprendre le cycle de l'eau et le changement climatique. Il a ainsi permis de comparer la situation des sols entre avril 2010 et avril 2011, soulignant la forte sécheresse de cette année. En France, le printemps 2011, de mars à mai pour les météorologues, a été le plus chaud depuis 100 ans.

L’humidité des sols en avril 2011 est au plus bas dans une grande partie de l’Hexagone (zones jaunes et orange). © Esa/Cesbio

Les données du satellite européen Smos (Soil Moisture and Ocean Salinity) confirment un mois d'avril 2011 exceptionnellement sec sur l'Hexagone par rapport à 2010. Lancé en 2009, ce satellite de l'Esa mesure le taux d'humidité des sols et la salinité des océans.

Cette cartographie animée de l'humidité des sols pour la France en avril 2010 et en avril 2011 montre distinctement une extension des zones de sécheresse. Les taux d'humidité les plus faibles, en jaune et orange, sont majoritaires en 2011, même au nord du territoire. En 2010, ils étaient cantonnés à une portion sud-est, l'essentiel de l'Hexagone apparaissant en vert, voire en bleu (sols plus humides).

L’humidité des sols en avril 2011 est au plus bas dans une grande partie de l’Hexagone (zones jaunes et orange). © Esa/Cesbio

Un guide pour l'action publique

Ces données sur l'humidité des sols n'intéressent pas seulement les scientifiques ou les météorologues. Elles orientent aussi les autorités dans leurs mesures de prévention. Plusieurs pays ont ainsi déjà restreint l'irrigation des cultures. Les risques d'incendie, qui touchent des zones inhabituelles, sont surveillés. En Suisse, le canton de Zürich a même retiré des truites de la rivière Toess pour prévenir la perte de leur habitat !

Perché à 750 kilomètres d'altitude, Smos doit mener sa mission de surveillance pendant au moins trois ans. Ses données sur les teneurs en eau et en sel, obtenues par radiomètre interférométrique (une technique inspirée des radiotélescopes terrestres) permettront d'enrichir nos modèles climatiques et océanographiques.

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