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De la graine à l'huile essentielle

Dossier - Région PACA : Découverte de la lavande !
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Depuis plusieurs siècles, la lavande fait partie de l'économie rurale des zones de montagnes sèches de la Provence. Cueillette des bergers depuis le 18ème siècle, les cultures sont apparues au début du 20ème siècle pour répondre à la forte demande de Grasse, capitale mondiale de la parfumerie.

  
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Une plantation de lavande reste en place environ 10 ans. Elle est en production à partir de la 2° année et les rendements optimums en huile essentielle sont obtenus entre la 4° et la 6° année. La succession sur une même parcelle de
plusieurs plantations de lavande ou lavandin est néfaste pour l'état sanitaire des plants. Il est conseillé d'introduire sur un intervalle de 2 à 4 ans des cultures de rotation : blé, épeautre, orge, fourrages sont toujours présents sur les exploitations lavandicoles.

  • La plantation :

La multiplication du matériel végétal passe toujours par une première phase de développement en pépinière : parcelles de terrain saines, irriguées, fertilisées et désherbées. Lavande de population (ou lavande fine) les plants sont obtenus par le semis de graines. Les semis se font à l'automne et au printemps. Pour les lavandes clonales et lavandins le bouturage est la technique utilisée pour multiplier les lavandes clonales et les lavandins.- le bouturage ligneux. A partir d'une plantation âgée de 2 à 4 ans, saine, les boutures sont prélevées sous forme de petit rameaux d'environ 10 cm. Cette opération s'effectue en hiver. La mise en pépinière a lieu au printemps. On obtient des plants en une année.- le bouturage herbacé Le prélèvement de partie herbacée du plant s'effectue en général au printemps. Les jeunes pousses sont prélevées sur des pieds mères sélectionnés. Les boutures sont mises à raciner en mini-mottes, sous serres.

  • La Plantation

La parcelle se prépare un an avant la plantation : labour, désherbage. La plantation s'effectue après les grosses gelées ( mars-avril) ou bien en automne en plaine (novembre à décembre). L'implantation est mécanisée. La densité des plants est de 12 000 à 15 000 plants à l'hectare pour la lavande ; de 8 000 à 10 000 plants à l'hectare pour le lavandin.

  • Les travaux d'entretien

La fertilisation : apport annuel d'engrais - Le désherbage : chimique et mécanique (3 ou 4 fois au cours de l'année) - La protection sanitaire - Le traitement contre les ravageurs, au premier rang desquels la cécidomyie.

  • La récolte

La plante synthétise l'huile essentielle jusqu'à la formation de la graine. Une fois celle-ci formée l'huile essentielle s'évapore. La récolte pour la distillation doit donc être effectuée en fin de floraison. La période de coupe s'échelonne selon l'altitude entre mi-juillet et mi-août. La récolte s'effectue à la machine, sauf pour les bouquets qui sont coupés manuellement à la faucille.

  •  La distillation

Avant la distillation, la récolte doit subir un temps de séchage afin de perdre l'excès d'eau. Un préfanage d'environ un ou deux jours est indispensable pour la lavande fine : il évite de modifier la qualité d'huile essentielle.

Par ailleurs pour toutes les distilleries traditionnelles qui utilisent la paille de lavande après distillation comme combustible, la paille apportée à la distillerie ne doit pas être verte.

Les huiles essentielles sont obtenues par entraînement à la vapeur d'eau. Les tiges et les fleurs sont introduites dans le vase de la distillerie.

Elles sont soigneusement tassées de façon à ce que la vapeur qui va les traverser en entraînant l'huile essentielle, ne puisse emprunter de chemins préférentiels. Le mélange gazeux (vapeur d'eau et huile essentielle) passe dans un col de cygne et est condensé dans un « serpentin ». Il est ensuite déversé dans un « essencier » ou il décante. L'huile essentielle, plus légère, surnage et l'eau distillée est aromatisée par les traces de cette huile essentielle. C'est l'hydrolat. Le temps de distillation par la méthode traditionnelle est relativement court : de 30 à 40 minutes.

  • Evolution technique des alambics
  • Alambic simple à feu nu mobile

Capacité : de 100 à 500 litres
Durée de la passée : environ 3 heures.
Combustible : bois de pin ou de chêne, genêts.
Les fleurs n'étant pas séparées de l'eau, elles ne peuvent être utilisées ensuite comme combustible.

  • Alambic simple à feu nu fixe

Capacité : de 200 à 800 litres.
Durée de la passée : de 2 à 3 heures.
Combustible : bois, paille distillée, charbon.
La cuve, dont le volume a augmenté, est protégée par une maçonnerie qui limite les pertes d'énergie. Utilisation du palan et du panier : ce dernier permet de séparer les fleurs de l'eau, et donc de les employer ensuite comme combustible.

  • Alambic à vapeur

Capacité : généralement de 1 000 à 6 000 litres par vase (jusqu'à 20 000 litres).
Durée de la passée : de 30 à 40 minutes.
Combustible : paille distillée.
Ces alambics à vapeur et bain-marie peuvent aussi fonctionner avec des chaudières à fuel ou au gaz. La majorité des distilleries est équipée d'alambics de ce type.

  • Caisson mobile de distillation

Capacité : de 14 à 26 mètres cubes par caisson.
Durée de la passée : de 1 heure à 1 heure et demie.
Combustible : gaz, électricité ou fuel.
Ce système se développe depuis quelques années.

Depuis le début des années 1990, les producteurs de lavandin utilisent un nouveau système de récolte : le végétal tige et fleurs est broyé et envoyé dans une benne ou caisson de distillation tracté. La distillation se fait immédiatement après la coupe sans aucune manutention. Cette technique qui révolutionne les chantiers de récolte et distillation n'est pas utilisée pour la lavande. Le fait de distiller broyé modifiant la qualité, cette technique n'est pas adaptée pour obtenir une huile essentielle de lavande fine aux normes A.O.C.

Les rendements sont très variables selon les régions, le climat de l'année, l'âge de la plantation et la variété. Les rendements en huile essentielle de lavande sont d'environ 15 kilos par hectare, 25 à 50 kilos pour les lavandes clonales (maillette et matheronne), 80 kilos pour le lavandin en zone de montagne sèche, près du double en plaine, jusqu'à 180 kilos.