Girafes (Giraffa camelopardalis) dans le parc national d'Amboseli, au Kenya. © Volodymyr Burdiak, Shutterstock

Planète

Girafe

DéfinitionClassé sous :zoologie , verre feuilleté , Giraffidé

Voici les caractéristiques de la girafe (Linnaeus, 1758), ou Giraffa camelopardalis :

  • Ordre : Artiodactyla
  • Famille : Giraffidae
  • Genre : Giraffa
  • Taille : 3,50 à 4,70 m, hauteur au garrot 3,30 à 3,70 m, cou compris entre 5,50 et 6,00 m, longueur de la queue 0,70 m à 1 m, longueur de la langue 0,40 m à 0,55 m
  • Poids : 450 à 2.000 kg
  • Longévité : 22 à 26 ans

Statut de conservation UICN : LC, préoccupation mineure (mais certaines sous-espèces peuvent cependant être considérées comme vulnérables).

Rencontre entre une girafe et un rhinocéros dans le parc d'Etosha, en Namibie. © Wikipédia, Hans Stieglitz, CC by-sa 3.0

Description de la girafe

La girafe est le mammifère le plus grand en hauteur, car sa tête culmine à près de six mètres au-dessus du sol. Son pelage, dans les tonalités de roux ou d'acajou, est tacheté de jaune ou de crème. Les dessins sont agencés comme une mosaïque. Le ventre est plus clair. Le corps est grand et se présente en oblique, c'est-à-dire que les pattes antérieures sont plus longues que les postérieures. Le corps de la girafe est prolongé par un long cou orné d'une crinière, et constitué de seulement sept vertèbres. Au bout du cou se trouve la tête, petite et triangulaire. La bouche est munie d'une langue coriace et plus longue encore que celle de l'okapi. Le crâne est muni de deux ossicônes (appendices cornus recouverts de peau) qui peuvent atteindre 25 cm de long, et de deux petites oreilles de forme ovale. Les jambes sont longues, fines et munies de sabots, et la queue est terminée par un fin pinceau de poils.

Girafes blanches à Kouré, au Niger. © Clémence Delmas, Wikipédia, CC by 3.0

Jusqu'en septembre 2016, il était communément admis qu'il existait neuf sous-espèces de girafes :

  • la girafe réticulée (Giraffa camelopardalis reticulata), que l'on trouve en Éthiopie, en Somalie et dans le nord du Kenya ;
  • la girafe de Nubie (Giraffa camelopardalis camelopardalis), de la région du Nil bleu en Érythrée  ;
  • la girafe du Soudan (Giraffa camelopardalis antiquorum) ;
  • la girafe du Tchad (Giraffa camelopardalis peralta), qui vit en Afrique centrale et occidentale ;
  • la girafe de l'Ouganda (Giraffa camelopardalis rothschildi), que l'on observe en Ouganda et au Kenya dans les réserves ;
  • la girafe masaï (Girafa camelopardalis tippelskirchi), du sud du Kenya ;
  • la girafe de Rhodésie (Giraffa camelopardalis thornicrofti), que l'on trouve dans la vallée du Luangwa, en Zambie ;
  • la girafe d'Angola (Giraffa camelopardalis angolensis), qui habite le sud de l'Angola ;
  • la girafe du Cap (Giraffa camelopardalis giraffa), que l'on voit dans toute l'Afrique australe.

En septembre 2016, une étude génétique a indiqué qu'il semble exister en fait quatre espèces distinctes de girafes, qui ne s'hybrident pas entre elles dans les populations naturelles. L'auteur de l'étude, Chris Woolston, propose les noms suivants, reprenant ceux des sous-espèces correspondantes :

  • la girafe du Nord, ou de Nubie (G. camelopardalis) ;
  • la girafe du Sud (Giraffa giraffa), en Afrique du Sud, en Namibie et au Botswana ;
  • la girafe masaï (G. tippelskirchi) au Kenya, en Tanzanie et en Zambie ;
  • la girafe réticulée (G. reticulata) au Kenya, en Somalie et en Éthiopie.
Girafes réticulées dans la réserve de Samburu, au Kenya. © Snakes3yes, Wikipédia, CC by 2.0

Sa taille inhabituelle lui a valu quelques adaptations physiologiques. En effet, le cœur pèse 11 kg et possède un myocarde renforcé. Il pompe 60 litres de sang, et bat à 170 pulsations par minute, ce qui lui confère une pression artérielle double de celle de l'Homme. Les artères du cou sont aidées par une série de muscles annulaires qui permettent de drainer le sang au cerveau. Inversement, lorsque la girafe baisse la tête pour boire, les neuf valvules de la jugulaire empêchent le sang de monter à la tête, ce qui entraînerait un voile rouge. Dans la partie inférieure des pattes où la pression est énorme, un système de capillaires très résistants, appelé « merveilleux réseau » ou « réseau admirable », permet d'éviter les œdèmes fatals. Son système sanguin a été étudié par les phlébologues de la Nasa qui, grâce à lui, ont pu réaliser la combinaison anti-g des pilotes et des astronautes.

Girafe de Rhodésie dans le parc du sud Luangwa, en Zambie. © Jpatokal, Wikipédia, CC by-sa 3.0

Habitat de la girafe

La girafe est endémique de l'Afrique, et était jadis présente sur l'ensemble du continent, des rives de la Méditerranée à l'Afrique du Sud. De nos jours, on ne la trouve plus que dans les savanes broussailleuses et arborées au sud de la zone sahélienne, où elle vit en petites troupes éparses. On peut l'observer au Sénégal, en Mauritanie, au Niger, au Mali et au Cameroun, mais surtout dans les parcs et réserves d'Afrique centrale et orientale. Elle est présente au Botswana, au Kenya, au Soudan, en Tanzanie et dans les pays du sud de l'Afrique.

La savane broussailleuse et arborée constitue l’habitat type de la girafe. © JackyR, Wikipédia, GNU 1.2

Comportement de la girafe

La girafe est un animal social, paisible et grégaire. Elle vit généralement en petits groupes de 5 ou 6 individus dont la composition change fréquemment, et parfois en solitaire. La plupart du temps, les individus ne s'éloignent guère de plus de 200 mètres les uns des autres, et il en est de même pour les groupes entre eux. La girafe côtoie sans problème d'autres grands herbivores tels que les rhinocéros, les zèbres, les buffles et les éléphants, sans compter les antilopes et les gazelles. Les déplacements de la girafe sont minimalistes lorsqu'elle trouve de quoi se nourrir et s'abreuver. Sa marche à l'amble est lente et souple. Sur une zone sans obstacle, elle peut évoluer à 6 ou 7 km/h, et peut atteindre 56 km/h en course. Elle dort habituellement debout, mais son sommeil, ou plutôt sa somnolence, excède rarement trois ou quatre minutes. Elle dort à peine deux heures sur la totalité de la journée, les yeux ouverts. Elle se repose rarement couchée, car elle éprouve les plus grandes difficultés pour se lever et se coucher au sol.

Groupe de girafes dans le parc Kruger, en Afrique du Sud. © D. Gordon, E. Robertson Wikipédia, CC by-sa 3.0

Pour résister à la sécheresse et à la déshydratation, elle est capable de faire monter sa température corporelle à 39 °C en journée et de la faire retomber à 35 °C la nuit pour limiter la déperdition en eau. Elle peut ainsi se passer de boire pendant plusieurs jours, et économiser une dizaine de litres de liquide journellement. Lorsqu'elle peut s'abreuver normalement, la girafe a besoin d'un peu plus de trois litres d'eau par 100 kg de poids. Elle trouve 50 % de ses besoins en liquide dans les feuilles tendres d'acacia. Lorsqu'elle expire, ses muqueuses retiennent une grande partie de l'humidité contenue dans sa respiration. La girafe a une excellente vue, et parvient à distinguer une silhouette de la taille d'un homme à deux kilomètres de distance. Elle perçoit la position et le mouvement. C'est le seul animal à ne pas pouvoir bâiller, et on a longtemps cru qu'elle n'émettait aucun son, mais elle possède quelques vocalisations.

Girafe mâle courtisant une femelle. © Hans Hillewaert, Wikipédia, CC by-sa 3.0

La girafe contribue à l'entretien des savanes arborées en procurant des nutriments aux végétaux par l'intermédiaire de ses excréments. Comme elle broute superficiellement les branches d'acacia, elle évite de les épuiser. La morphologie de la girafe ne lui confère pas que des avantages. En effet, pour boire, elle est obligée de pratiquer le grand écart avec ses pattes antérieures. Les sabots ainsi plantés dans la boue, elle est dans une position très vulnérable. Les principaux prédateurs de la girafe sont les lions, les léopards, mais également (pour les sujets affaiblis par la vieillesse ou par la maladie) les lycaons et les hyènes. Les girafons peuvent également être victimes de crocodiles sur les points d'eau. Pour se défendre, la girafe donne des ruades qui peuvent être mortelles.

Position scabreuse de la girafe en train de boire. © Gusjer, Wikipédia, CC by 2.0

Reproduction de la girafe

La girafe n'a pas de période de reproduction bien définie. Le mâle arpente le territoire à la recherche d'une femelle, et se bat lorsqu'il rencontre un rival. Les combats se déroulent à coups de tête, laquelle sert alors de massue, et les cous peuvent s'entrechoquer. La confrontation dure jusqu'à l'abandon d'un des protagonistes. La femelle donne naissance à un seul girafon tous les deux ans, au terme d'une gestation de 15 mois.

Pour la mise bas, la femelle ne peut s'accroupir. Aussi donne-t-elle naissance au girafon debout. Son premier contact avec la dure réalité de la vie consiste donc en une chute de deux mètres... Il sort les jambes en premier, car elles sont plus longues que son cou. Le jeune mesure déjà deux mètres de long pour un poids oscillant entre 40 et 80 kg. La femelle n'adopte son petit que s'il arrive à se mettre debout, ce qu'il est généralement capable de faire au bout d'une quinzaine de minutes. Le girafon grandit d'un mètre la première année et acquiert sa taille adulte vers 7 ans. Il est sevré entre 12 et 16 mois, mais peut rester avec sa mère jusqu'à plus de 2 ans. Il atteint sa maturité sexuelle entre 3 et 5 ans, selon que c'est une femelle ou un mâle. Toutefois la mortalité des jeunes est importante. Elle atteint entre 50 % et 75 % dans la première année, du fait de la prédation.

Girafe masaï et son girafon dans le parc de Masaï Mara, au Kenya. © Paul Mannix, Wikipédia, CC by-sa 2.0

Régime alimentaire de la girafe

La girafe est exclusivement herbivore. Son alimentation principale consiste en des feuilles d'acacia qui contiennent l'essentiel de l'eau dont l'animal a besoin. La girafe peut aussi manger des fleurs, des cosses, des graines et des fruits. Elle peut consommer journellement jusqu'à 70 kg de feuilles que ne peuvent brouter les autres herbivores de la savane, puisqu'elle va les cueillir entre trois et six mètres de hauteur dans sa niche alimentaire. Elle attrape les rameaux à l'aide de sa langue, et les ramène vers les dents de sa mâchoire inférieure qui raclent les feuilles lorsqu'elle tire sa tête en arrière.

Girafe blanche broutant des feuilles d'acacia. © Yann Fauché, Alma Mulalic, Wikipédia, CC by-sa 3.0

Menaces sur la girafe

Les populations de girafes ont failli être exterminées au XIXe siècle par simple plaisir de la chasse. Aujourd'hui, bien que le braconnage se poursuive (la viande de l'animal est très prisée), les effectifs des principales sous-espèces (ou espèces, s'il y en a bien quatre distinctes) vivant au Kenya, en Tanzanie et au Botswana sont stables. En revanche, la girafe du Tchad ne compte plus que 300 individus, et celle de l'Ouganda à peine 650. La cause, principalement dans le Sahel, en est la disparition de ses habitats du fait de la déforestation.

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