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La savane et ses lions sont gravement en péril !

La surface de la savane africaine s’est réduite de 75 % depuis les années 1960, et ses lions sont gravement menacés. L’augmentation rapide de la population humaine a entraîné une utilisation abusive des terres, détruisant l’habitat du roi des animaux. S’il ne meurt pas ce soir, le lion africain est pourtant bien en fin de vie…

La savane est un biome caractérisé par de faibles précipitations annuelles et parsemé d'arbustes ou arbres. Ici, la savane herbeuse au pied de l'Ol Doinyo Lengaï, en Tanzanie. © United States Geological Survey, DP La savane est un biome caractérisé par de faibles précipitations annuelles et parsemé d'arbustes ou arbres. Ici, la savane herbeuse au pied de l'Ol Doinyo Lengaï, en Tanzanie. © United States Geological Survey, DP

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On se représente souvent la savane comme une large étendue où grouille la vie sauvage. La réalité est tout autre. La savane africaine englobe les régions où il pleut entre 300 et 1.500 mm d’eau par an. D’une surface d’environ 13,5 millions de km² selon cette définition, elle est le principal habitat du lion d'Afrique, le Panthera leo. Mais l’augmentation rapide de la population humaine a entraîné de sérieuses modifications dans l’espace sauvage. La déforestation et l’utilisation massive des terres pour l’agriculture ont morcelé et dégradé l’habitat naturel du lion. 

Dans une étude parue dans le journal Biodiversity and Conservation, une équipe de l’université Duke, en Caroline du Nord (États-Unis), tire la sonnette d’alarme. La savane africaine s’est réduite de 75 % depuis les années 1960 et plus des deux tiers de la population de lions ont disparu. « Il ne reste plus que 25 % de la savane, écosystème qui était un tiers plus grand que les États-Unis », affirme Stuart Pimm, l’un des auteurs de la publication. En 1960, la savane africaine abritait plus de 100.000 lions. L’étude révèle qu’aujourd’hui, ils ne seraient plus que 32.000. 

La croissance démographique de ces 50 dernières années a complètement perturbé l’habitat des lions. La savane africaine comptait 11,9 millions de km² de surface avec moins de 25 habitants au km² en 1960. En 2000, cette surface représentait 2,2 millions de km² ! L’étude montre en outre que les 32.000 lions vivent dans 67 régions différentes. Si cette estimation est similaire à celle des années 1960, seules 10 de ces régions sont des bastions de l’espèce, dans lesquels vivent entre 24.000 et 28.000 lions. En dehors des refuges, les lions sont menacés. Ce seraient donc plus de 6.000 lions qui seraient actuellement en danger extrême !

Le lion d'Afrique est fortement menacé par l'intrusion de l'Homme dans la savane. La surface de l’habitat naturel des lions a diminué de 75 % depuis les années 1960. La photo a été prise en Namibie. © yaaaay, Wikipédia, cc by 2.0
Le lion d'Afrique est fortement menacé par l'intrusion de l'Homme dans la savane. La surface de l’habitat naturel des lions a diminué de 75 % depuis les années 1960. La photo a été prise en Namibie. © yaaaay, Wikipédia, cc by 2.0

La savane vue depuis Google Earth

Google Earth fournit des images satellite en haute résolution. Les chercheurs ont couplé les données satellite aux données des densités de population humaine et de lions. Ils ont ainsi pu cartographier les zones où les fauves peuvent élire domicile dans des conditions favorables. Mais le travail de terrain a été primordial dans cette étude. Certaines régions sont véritablement criblées de petits champs qui ne sont pas perçus par l’imagerie satellite. En outre, un groupe international d’experts a été mis en place pour évaluer la densité des populations de lions. 

Si plus de 6.000 lions sont gravement menacés, c’est principalement en Afrique orientale que l’espèce est en danger. D’après l’équipe de l’université Duke, les 10 prochaines années seront décisives pour cette savane, tant pour les lions que pour la biodiversité« Une réduction de 75 % en surface de savane africaine est stupéfiante et sinistre. Ceci met l'accent sur l'urgence de la conservation de ces habitats et des animaux comme les lions », déplore le biologiste Thomas E. Lovejoy.


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