Planète

Lion d'Afrique

DéfinitionClassé sous :zoologie , félin , fauve
Le lion, reconnaissable par sa crinière. © Winfried Bruenken, Creative Commons Attribution-Share Alike2.5 Generic license

Lion d’Afrique (Linnaeus 1758) - Panthera leo

  • Ordre : Carnivora
  • FamilleFelidae
  • Sous famillePantherinae
  • Genre Panthera
  • Taille : 1,40 à 2 ,10 m (hauteur au garrot 1,10 à 1,50m et longueur de la queue 0,90 m)
  • Poids : 120 à 250 kg
  • Longévité : 7 à 12 ans (pour le mâle) - 14 à 20 ans (pour la femelle)

Statut de conservation UICN : VU vulnérable

Description du lion d'Afrique

Le lion est probablement l'un des Félins les plus connus avec le tigre. Le mâle se distingue par son abondante crinière qui lui valu d'être appelé le « roi des animaux ». Le corps de l'animal est long et trapu, et repose sur des pattes épaisses et puissantes. Le pelage assez court, est ordinairement couleur sable, chamoisé, jaunâtre ou ocre. Le dessous est plus clair, presque blanc chez la femelle. La tête, large, est ornée d'oreilles rondes au revers noir. Chez les mâles la crinière est d'une teinte plus soutenue : brun foncé, fauve ou noire. Une crinière longue et foncée est signe de bonne santé et de puissance au combat. Il semblerait que la taille de la crinière dépende étroitement de la nutrition et du statut hormonal du félin. La queue se termine par un long pinceau noir. Comme chez les tigres, certains spécimens atteints de leucistisme arborent un pelage blanchâtre. 

Couple de lions. © Robek, Creative Commons Attribution 2.5 Generic license

Habitat du lion d'Afrique

Dans les temps historiques, le lion a évolué sur le plus vaste territoire jamais donné pour un Félin. Il vivait sur la presque totalité du continent africain depuis le massif de l'Atlas jusqu'à la Province du Cap, de l'Europe du Sud, du Proche et du Moyen Orient, jusqu'à l'Inde. De nos jours, on ne le trouve plus qu'en Afrique subsaharienne et dans la réserve de Gir, dans l'état du Gujarat en Inde. Le félin fréquente principalement les savanes (Kenya, Tanzanie...), mais occupe également les forêts sèches et les zones semi-arides. On pensait qu'il ne pouvait survivre dans les déserts, mais il existe une population dans celui du Namib. Il est totalement absent des zones de forêts tropicales.

Comportement du lion d'Afrique

À l'inverse des autres fauves qui sont solitaires hors des périodes de reproduction, le lion vit en groupes constituant des unités sociales permanentes. Ces bandes sont constituées d'un mâle dominant, de plusieurs femelles apparentées entre elles et de jeunes mâles. Les fauves communiquent entre eux à l'aide de sons qui vont du ronronnement au rugissement et à l'aide d'attitudes corporelles qui déterminent l'humeur, de l'affection à la colère.

Le lion consacre le plus clair de son temps à l'inactivité et ne chasse qu'à l'obscurité ou aux heures fraîches du matin. La grande majorité des prises sont assurées par les lionnes. En effet, les mâles étant plus lourds et moins rapides, s'avèrent moins efficaces. Les traques se pratiquent à l'affût lorsqu'un félin chasse seul, et par encerclement quand elles agissent en groupe. Le mâle ne participe que pour les proies les plus imposantes : buffles, éléphants pré-adultes... Habituellement leur rôle est d'assurer la protection de la troupe des autres lions. La puissance musculaire des fauves est impressionnante. Pour rattraper sa proie, une lionne est capable de faire des bonds de près de 12 mètres de longueur et 4 mètres en hauteur.

Une lionne. © S Taheri, GNU Free Documentation License, Version1.2

Reproduction du lion d'Afrique

Il n'y a pas de saison de reproduction à proprement parler. Le mâle s'assure de la fécondité d'une femelle en utilisant son organe voméro-nasal placé sur le palais, sous la surface inférieure du nez qui lui permet de repérer les phéromones. Pour cela il relève les lèvres supérieures et ouvre la gueule. Ce comportement est appelé flehmen. L'œstrus de la femelle ne durant que quatre jours, les animaux s'accouplent parfois jusqu'à cinquante fois par jour. Seul le mâle dominant peut se reproduire. Après une gestation d'environ quatre mois, la lionne met bas de un à quatre lionceaux qui naissent aveugles. 

Pendant les six premières semaines ils sont allaités par leur mère qui les garde à l'abri dans une cache, à l'écart des autres membres du groupe. Le danger est constant car les petits peuvent être exposés aux attaques d'hyènes lorsque la mère s'absente pour chasser. Un peu plus tard, la lionne amène ses petits au sein du groupe qui, généralement les accepte sans difficultés. À partir de  ce moment là, les lionceaux ne tètent plus seulement leur propre mère, mais également les autres femelles. Leur éducation incombe de ce fait à l'ensemble du groupe. Les jeunes sont sevrés au bout de six mois et restent auprès de leur mère pendant encore deux ans. Les animaux atteignent leur maturité sexuelle entre trois et quatre ans.

Lionne et lionceau. © David Dennis, Creative Commons Attribution-Share Alike2.0 Generic license

Régime alimentaire du lion d'Afrique

Le régime du lion est essentiellement carné. Ses proies principales sont les Bovidés de grande taille (élands, cobe, gnous, bubales, koudous...), mais il chasse également les buffles, les zèbres, les girafes, les phacochères et occasionnellement les éléphants et les hippopotames pré-adultes et même les crocodiles. Pendant les migrations saisonnières des grands Mammifères, lorsque les proies habituelles viennent à manquer, le félin se rabat sur des herbivores plus petits et plus difficiles à capturer : impalas, damalisques, gazelles et autres antilopes naines. Sur son territoire, le lion est en compétition avec d'autres prédateurs tels que l'hyène tachetée. Leurs relations sont uniques par leur complexité et leur intensité. Mais la concurrence existe aussi avec le guépard (à qui il dispute les proies et sur qui il exerce une forte prédation en tuant les petits), le léopard et même le crocodile du Nil.

Lion et sa proie. © Luca Galuzzi, Creative Commons Attribution-Share Alike 2.5 Generic license

Menaces sur le lion d'Afrique

Les principales causes du déclin des lions sont la chasse qui a été menée contre lui depuis l'Antiquité, la réduction de son habitat traditionnel transformé en cultures et la raréfaction du gibier. La dispersion des zones où les lions évoluent entraîne également une perte de la diversité génétique. Au cours des vingt dernières années, l'effectif a chuté de 30 à 50 %.  Il ne resterait que 30.000 individus encore en liberté et en Afrique, le félin a disparu sur plus de 80 % de son ancien territoire (Afrique, Europe du Sud, Proche et Moyen Orient). Il n'est classé qu'en Annexe II de la CITES qui réglemente le commerce international des animaux sauvages.

Le saviez-vous ?

Le lion a toujours été considéré comme un animal fort et courageux, auquel de nombreux hommes ont associé leur nom (Richard Cœur de Lion, le général Massoud surnommé Lion du Panshir, l'empereur Hailé Sélassié appelé le Lion Conquérant de la Tribu de Juda...), et a joué un rôle important en mythologie et en héraldique. Bien qu'il ne fût présent que dans la péninsule indienne, il est représenté en Chine et une danse traditionnelle lui est dédiée pour le Nouvel An chinois afin de faire fuir les démons et porter chance. Mais cette image idyllique est parfois ternie par des comportements déviants.

À la fin du XIXe siècle, deux lions mâles qui se distinguaient par l'absence de crinière, semèrent la terreur sur le chantier de la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est qui faisait construire un pont destiné à enjamber la rivière Tsavo dans l'actuel Kenya, en tuant et dévorant de nombreux ouvriers. Le lieutenant colonel John Henry Patterson fut chargé de la protection du chantier et parvînt après de nombreuses vicissitudes, à éliminer les mangeurs d'hommes. Le nombre des victimes n'est pas connu avec précision car les cahiers de la compagnie des chemins de fer ne mentionnent que la mort de 28 ouvriers et ne tiennent pas compte des autochtones. Les rumeurs font état de près de 140 personnes tuées en l'espace de quelques semaines. Ce chiffre est très probablement surestimé, et de récentes recherches menées à ce propos, estimeraient le nombre des victimes à 35. Les cadavres des deux lions mangeurs d'hommes sont exposés au Muséum Field de Chicago.

Cela vous intéressera aussi