Le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique s’ouvre et se ferme au gré des saisons (avril 2006 à gauche et septembre 2006 à droite). Dans cette région, la quasi-totalité de l’ozone entre 15 et 20 km d’altitude se trouve détruite chaque année au printemps. L’épaisseur totale d’ozone est alors diminuée de moitié. Une diminution de l’ozone se produit également, mais avec une moindre amplitude, au printemps au-dessus de l’Arctique. © NOAA, KNMI, ESA

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Le trou de la couche d'ozone est bien en train de disparaître

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Signé le 16 septembre 1987, le protocole de Montréal fête ses trente ans cette semaine. Parce qu'il a permis une amélioration visible de la situation de la couche d'ozone (le trou est en train de disparaître), il représente un bel exemple de réussite d'un engagement environnemental pris au niveau mondial.

En 1985, Joe Farman, Brian Gardiner et Jonathan Shanklin décrivaient dans Nature leurs observations sur la perte d'ozone au-dessus de l'Antarctique. La découverte du trou dans la couche d'ozone a alerté le grand public sur ses dangers, comme le risque accru de cancers de la peau et de cataractes. Ce trou est causé par l'utilisation humaine de certains produits comme les CFC (chlorofluorocarbures) et d'autres gaz qui se retrouvent dans l'atmosphère.

L'évolution du trou de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique est saisonnière. Mais les observations faites à la fin des années 1970 montraient des dérives : chaque année, la couche d'ozone semblait diminuer en certains endroits. En 1987, des pays du monde entier ont ainsi signé le protocole de Montréal afin de réduire l'utilisation des produits dégradant la couche d'ozone.

Le protocole de Montréal, 30 ans après

Trente ans après, le protocole de Montréal est un bel exemple de réussite d'une action mondiale en faveur de l'environnement : des observations récentes indiquent que le trou de la couche d'ozone serait en passe de se réduire.

Jonathan Shanklin, l'un des découvreurs du trou de la couche d'ozone, a déclaré (ses propos sont rapportés par phys.org) : « Le protocole de Montréal est un accord remarquable dont nous observons les effets. Les signes de récupération du trou de l'ozone sont de plus en plus évidents, ce qui aura d'énormes avantages pour la société, avec moins de cas de problèmes liés aux UV. Cela démontre que lorsque les politiques et la science travaillent ensemble, ils peuvent aboutir à une action efficace. »

Pour en savoir plus

Bonne nouvelle : le trou de la couche d'ozone est en train de se refermer

Article de Laurent Sacco paru le 16 septembre 2016

À l'occasion de la Journée internationale de la protection de la couche d'ozone, revenons sur cette bonne nouvelle. Certains avaient quelques doutes sur la réalité de l'efficacité du Protocole de Montréal visant à restaurer la couche d'ozone à l'horizon 2050. Mais d'après un groupe de chercheurs, le fameux trou d'ozone apparaissant périodiquement chaque année au-dessus de l'Antarctique est bien en train de lentement se refermer, ce qui est une bonne nouvelle.

En 1985, la découverte d'un important trou dans la couche d’ozone au-dessus de l'Antarctique a été un choc pour une grande partie de la communauté scientifique. Mais pas pour toute, car en 1974 une sonnette d'alarme avait été déjà tirée par les chimistes Frank Rowland et Mario Molina qui avaient compris que le mécanisme chimique de destruction de l'ozone par des émissions d'oxyde nitrique (contre lesquelles leur collègue Paul Crutzen avait déjà mis en garde en 1970) avait un analogue avec les émissions de chlorofluorocarbones, les désormais célèbres CFC, qui conduisaient à la destruction des molécules d'O3 via des atomes de chlore. Les travaux des trois chercheurs virent leur bien-fondé reconnu en 1976 par l'Académie nationale des sciences américaine de sorte que l'emploi des CFC comme gaz propulseur dans les aérosols fut banni en 1978 par le Canada, la Norvège et les États-Unis.

Couche d’ozone et protocole de Montréal

Mais l'ampleur du trou de la couche d’ozone découvert indiquait qu'il fallait aller bien plus loin dans l'interdiction des CFC et même des hydrochlorofluorocarbones (HfCFC), comme ceux commercialisés sous le nom de Fréons par la société DuPont de Nemours. C'est pourquoi la plupart des pays producteurs et utilisateurs de CFC ont ratifié en 1987 le protocole de Montréal et ont rapidement mis sur le marché des produits de remplacement. En récompense de leurs travaux, Paul Crutzen, Frank Rowland et Mario Molina se virent attribuer le prix Nobel de chimie 1995.

Tout sur le trou de la couche d’ozone. Aujourd’hui, le protocole de Montréal a été ratifié par 197 nations. On s’est aussi rendu compte que la préservation de la couche d’ozone est un levier sur lequel il faut jouer aussi, si l’on veut préserver la stabilité du climat. © UNEP, YouTube

Ces efforts allaient-ils être couronnés de succès ? On en a l'impression depuis quelques années mais des doutes subsistaient, notamment parce qu'en 2015, la lente diminution du trou de la couche d'ozone observée depuis une décennie environ semblait s'inverser. Jusque-là, les mesures suggéraient que depuis 2000 le trou de la couche d'ozone avait diminué d'environ 4 millions de kilomètres carrés soit plus que la surface de l'Inde.

Des fluctuations du trou d’ozone d’origine volcanique

Susan Solomon, du MIT, s'est penchée sur l'anomalie de 2015 et avec ses collègues, elle vient de publier le résultat de ses travaux sur le sujet dans Science. La chercheuse n'est pas une inconnue. En 1986, c'est elle qui avait réussi à déterminer le lieu exact de la destruction des molécules d'ozone par les atomes de chlore, à savoir des nuages dans la stratosphère, et elle avait joué un rôle important dans les aspects scientifiques de l'élaboration du Protocole de Montréal puis dans le suivi de ses effets.

En compagnie de Solomon, les chercheurs ont conduit des simulations en 3D performantes de l'atmosphère afin d'étudier plus en détail l'impact réel du Protocole. Il est apparu que si la variabilité naturelle du climat avait elle aussi un rôle important dans la dynamique du trou d'ozone, sa taille record en octobre 2015 pouvait aussi s'expliquer par l'injection massive d'aérosols soufrés dans l'atmosphère de l'hémisphère sud. En effet, 6 mois auparavant, le volcan Calbuco au Chili (qui a été étudié il y a des décennies par Haroun Tazieff), avait fait une grosse éruption.

Joints aux mesures réalisées depuis le sol ou par satellites et ballons, les résultats publiés dans Science semblent établir de façon plus solide et convaincante que le trou de la couche d'ozone est bien en train de disparaître, ce qui devrait arriver à l'horizon 2050.

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