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Les CFC pourraient trahir une terraformation par des extraterrestres

Inspirés par Carl Sagan, des exobiologistes tentent de mobiliser le grand public pour qu’il les finance. Leur idée : chercher dans l’atmosphère des exoplanètes des traces de chlorofluorocarbures. Ces gaz ne peuvent être qu’artificiels et signaler, par exemple, la terraformation en cours d’une planète, pour la rendre habitable, comme l’humanité pourrait le faire un jour avec Mars.

En réalisant la série Cosmos et en fondant le programme Seti, Carl Sagan a réussi une partie de son pari, inspirer les exobiologistes du futur. Il a fait rêver une jeune génération qui est en train de prendre la relève avec Blue Marble Space. © Nasa En réalisant la série Cosmos et en fondant le programme Seti, Carl Sagan a réussi une partie de son pari, inspirer les exobiologistes du futur. Il a fait rêver une jeune génération qui est en train de prendre la relève avec Blue Marble Space. © Nasa

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En ce début de XXIe siècle, certains se sentent déçus de ne pas voir la recherche publique réaliser les rêves diffusés par la science-fiction des années 1960 et 1970. Le Système solaire n’est toujours pas colonisé et nous n’avons pas détecté de civilisation extraterrestre. Le programme Seti n’a toujours rien donné et l’ISS fait pâle figure face aux stations spatiales ou aux bases sur la Lune rêvées par Arthur Clarke.

C’est probablement en partie pour échapper à une certaine frustration que des hommes comme Elon Musk ou Peter Diamandis ont créé SpaceX et Planetary Resources Inc, des sociétés privées qui se proposent d’aller sur Mars ou d’exploiter les richesses des astéroïdes.

Des biosignatures aux technosignatures

Des jeunes chercheurs passionnés par l’exobiologie et qui ont grandi avec la série Cosmos de Carl Sagan dans les années 1980 ne sont visiblement pas en reste. Ils ont lancé plusieurs initiatives privées sur la Toile (dont le Blue Marble Space Institute of Science et le Social Action for a Grassroots Astrobiology Network, ou Sagan) fédérées autour de la société Blue Marble Space.

Ils cherchent des fonds, en particulier pour faire progresser l’exobiologie ou, comme on dit dans les pays anglo-saxons, l’astrobiologie. Un des projets pour lesquels ils font un appel aux dons concerne la détection de technosignatures dans l’atmosphère des exoplanètes.

Une vue d'artiste de Mars rendue habitable par la terraformation. Elle possède à nouveau des océans et son atmosphère pourrait être remplie de CFC pour assurer un fort effet de serre. © Daein Ballard
Une vue d'artiste de Mars rendue habitable par la terraformation. Elle possède à nouveau des océans et son atmosphère pourrait être remplie de CFC pour assurer un fort effet de serre. © Daein Ballard

On sait qu’il doit exister des milliards de superterres dans la Voie lactée et nous somme près de posséder les instruments nécessaires pour analyser la composition chimique des atmosphères de ces superterres. On pourrait bien sûr y chercher des biosignatures inspirées de celles de la vie sur Terre. Mais on ne peut jamais être sûr que la vie n’a pas pris un chemin très différent de celui parcouru sur notre planète. On peut donc douter de la pertinence de la recherche de ces biosignatures terriennes sur d’autres mondes.

La terraformation trahie par des gaz à effet de serre

Il n’en est pas de même pour les effets sur l’environnement d’une technologie avancée, notamment si une civilisation extraterrestre pollue sa planète avec des émissions de gaz que l’on ne rencontre pas dans l’environnement naturel. Bien sûr, on peut penser qu’une telle civilisation ne tarderait pas à passer de l’adolescence à l’âge adulte en quelques siècles et que ces traces de gaz ne seraient plus visibles. Toutefois, elle utilise peut-être volontairement des gaz comme les chlorofluorocarbures (CFC) pour réaliser une terraformation.

Ces gaz, caractéristiques d’une civilisation technologique et d’elle seule, sont des gaz à effet de serre des milliers de fois plus puissants que le dioxyde de carbone. Sur la trajectoire qui emmène peut-être vers une sphère de Dyson, une civilisation extraterrestre doit probablement décider de rendre habitables des planètes autour de son étoile. Nous pourrions décider de le faire avec Mars, même si, dans ce cas précis, l’opération serait douteuse. Mars étant trop petite pour garder longtemps une atmosphère, l’eau liquide dans ses nouveaux océans finirait par s’évaporer dans l’espace elle aussi.

Dans un premier temps, les chercheurs du Blue Marble Space Institute of Science vont se contenter de construire des modèles informatiques de la chimie et du climat d’une planète en train d’être terraformée. D’ici une quinzaine d’années, lorsque des télescopes seront en mesure d’analyser la composition chimique des atmosphères des superterres, peut-être que ces modèles nous permettront de découvrir que nous ne sommes pas seuls dans la Voie lactée.


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