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Le déferlement de tornades aux États-Unis n’est pas dû au réchauffement

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Avec 350 morts et 10.000 maisons détruites, la centaine de tornades qui a balayé la semaine dernière plusieurs États du sud des États-Unis semble exceptionnelle. Apparemment, leur nombre  augmente depuis plusieurs décennies mais les météorologistes estiment que les changements climatiques observés à l'échelle planétaire ne sont pas en cause.

Une tornade se forme par l'enroulement d'un air chaud autour d'une colonne ascendante. © mr_balage/ Flickr, Licence Creative Commons (by-nc-sa 2.0)
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L'événement est désormais comparé, en ampleur, à la tempête Katrina, qui a notamment ravagé La Nouvelle-Orléans fin août 2005. Quelques-unes des tornades qui ont balayé le sud des États-Unis la semaine dernière étaient peut-être les plus puissantes observées depuis quarante ans. C'est l'avis d'un météorologiste de la NOAA, Harold Brooks (National Severe Storms Laboratory, Norman, Oklahoma). Selon lui, les plus grandes ont dû atteindre 1,5 kilomètre au sol et une quinzaine en altitude, avec des vents de plus 300 km/h. En moyenne, un pour cent seulement des tornades se transforment ainsi en serial killers mais, selon lui, cette proportion a dû être plus élevée la semaine dernière.

Pourtant, ces régions ont l'habitude des tornades. À chaque printemps, elles apparaissent dans les grandes plaines et commettent de gros dégâts. Ces tornades sont des phénomènes localisés et extrêmement puissants. Ce sont mêmes les manifestations météorologiques les plus violentes de l'atmosphère terrestre et les conditions leur sont particulièrement favorables au sud des États-Unis.

Chaque printemps, les conditions météorologiques favorisent la formation de tornades dans les plaines des États du sud-est des États-Unis, quand le courant d'altitude froid, venu du nord, rencontre l'air chaud venu du sud. Mais cette année, le phénomène a été particulièrement violent et meurtrier. © Idé

Des tourbillons petits mais très violents

Une tornade peut se former quand une masse d'air chaud et humide est surmontée d'une masse d'air froid en altitude. La couche inférieure a tendance à monter et se refroidit à cause de la baisse de pression. L'eau se condense et forme un nuage. Quand les volumes en jeu sont suffisants, apparaît un des deux géants des nuages : le cumulonimbus, souvent reconnaissable à son enclume sommitale. Au centre une colonne d'air s'élève, ce qui génère une dépression, aspirant l'air environnant. Les surfaces concernées sont telles que se fait sentir la force de Coriolis, due à la rotation de la Terre, et c'est un mouvement tournant qui se forme autour de la dépression centrale, tandis que naissent des pluies et des orages.

Il peut arriver que ce mouvement tournant soit très localisé et que la dépression centrale se creuse démesurément alors que les vents alentour se resserrent de plus en plus. Se forme alors une tornade, sorte de tube évasé vers le haut qui peut atteindre 1 à 20 kilomètres de diamètre. Sa durée de vie est le plus souvent de quelques minutes seulement mais peut aller jusqu'à quelques heures. Avec des vents qui peuvent avoisiner les 400 km/h, la tornade peut causer d'énormes dégâts, faisant voler maisons, voitures, camions, Hommes, animaux, arbres...

Pulsations naturelles de l’atmosphère

Dans le sud des États-Unis au printemps, l'air polaire descendant du nord, aux environs de 10 kilomètres d'altitude, rencontre l'air chaud et humide venu, au ras du sol, du golfe du Mexique. Cet air polaire, de plus, a rencontré sur son chemin les montagnes Rocheuses qui lui ont fait prendre de l'altitude, ce qui favorise la condensation de l'eau en masses nuageuses.

« Si vous regardez les données des soixante dernières années, explique Grady Dixon, météorologiste à l'Université du Mississipi, dans des propos rapportés par l'AFP, vous remarquez que le nombre de tornades augmente significativement. Mais le consensus parmi les spécialistes des tornades est que cette augmentation n'est pas réelle. » Il ajoute que ce serait « une grosse erreur » d'imputer cette augmentation observée au réchauffement climatique global.

Mercredi 27 avril, les conditions anticycloniques étaient exceptionnelles au-dessus du golfe du Mexique. Ces conditions, selon Grady Dixon, auraient été favorisées par le récent épisode de La Niňa, déjà accusée d'avoir inondé l’Australie, et caractérisée, à l'inverse d'El Niňo, par un refroidissement des eaux de surface au centre et à l'est de l'océan Pacifique. « Nous savions alors que ce serait une grande année pour les tornades », affirme Grady Dixon, concluant que le phénomène est « relié aux fluctuations de la planète ».