Cinéma d'animation : les techniques des plus grands films

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Après la grande époque du dessin animé et des cartoons, le cinéma d’animation serait-il entré dans une nouvelle ère ? Depuis quelques années, une vague de films d’animation en images de synthèse déferle dans les salles obscures, dépassant même ceux en prises de vues réelles au box-office. Que se cache-t-il derrière ce succès ? Quelles technologies ont donné au cinéma d’animation le visage qu’il possède aujourd’hui ?

  
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Le cinéma d'animation nous entraîne dans un tourbillon d'émotions et d'univers à couper le souffle. Nous en sommes de plus en plus friands, en témoigne le top 5 des films de 2017, dans lequel figurent deux films d'animation : Moi, moche et méchant 3 et Coco. La popularité de ces films a poussé Futura à enquêter sur ce qu'il se passe derrière l'écran. Quelles techniques et technologies ont conduit le cinéma d'animation à devenir la machine à succès qu'il est aujourd'hui ?

En plus d'un siècle d'existence, le cinéma d'animation nous a offert des grands classiques comme les films Disney, de l'humour avec Les Simpson (2007), de la poésie avec Le Voyage de Chihiro (2002)... Il rencontre un succès grandissant : ces dernières années, des films comme Zootopie (2016), La Reine des neiges (2013), Les Minions (2015), Le Monde de Dory (2016) ou encore Les Indestructibles 2 (2018) ont dépassé le milliard de dollars de recettes. Tous ces films présentent une animation qui leur est propre, qui sied l'histoire racontée, les sentiments procurés, le résultat esthétique souhaité.

Parce qu'il s'inscrit dans tous les genres et qu'il emploie des techniques toutes plus originales les unes que les autres, le cinéma d'animation est difficile à définir. Il s'applique à créer l'illusion du mouvement à partir de ce qui est figé, trompant l'œil et le cerveau en faisant défiler rapidement des images successives. Il donne vie à ce qui est inanimé et s'oppose ainsi au cinéma en prises de vues réelles, qui prend des acteurs en chair et en os. Le mot « animation » vient d'ailleurs du latin anima, qui signifie « âme, souffle vital ».

Tour d’horizon des techniques et technologies numériques développées tout au long de la passionnante histoire du cinéma d’animation. Ci-dessus, Les Nouveaux Héros (2015), un film en images de synthèse dont la lumière est très photoréaliste. © The Walt Disney Company France

La diversité des techniques d’animation

À la fois artistique et technique, le cinéma d'animation est synonyme de diversité et de créativité. Depuis ses débuts au tournant du XXe siècle, il s'est souvent réinventé, tirant profit des nouvelles technologies, sans pour autant oublier ses origines. Cela lui donne aujourd'hui mille visages :

  • L'animation plane ou en 2D. Elle fait appel au dessin, à la peinture sur verre, au sable ou encore au papier découpé, le tout étant pris en photo ou filmé par une caméra.
  • L'animation en volume ou 3D réel. Elle prend pour acteurs des marionnettes, des jouets, et d'autres objets inanimés, comme Chicken Run (2000) -- on parle alors de stop-motion. Elle peut également mettre en scène des animaux ou des humains -- on parle dans ce cas de pixilation. À nouveau, tout est enregistré par une caméra ou un appareil photo.
  • L'animation par ordinateur. Elle inclut l'animation numérique 2D, comme dans La Princesse et la Grenouille (2010), et la 3D, comme dans Zootopie (2016). On parle couramment, dans le cas de la 3D, d'images de synthèse, c'est-à-dire intégralement réalisées par ordinateur. Elles s'affranchissent complètement de la caméra et constituent un cas particulier d'effets spéciaux, que l'on retrouve d'ailleurs en pagaille au cinéma, dans des films comme Avengers: Infinity War (2018), Avatar (2009), Ready Player One (2018), etc.

Le film Spider-Man: New Generation (fin 2018) a été acclamé pour la qualité époustouflante de son animation. © Sony Pictures Fr, YouTube

Réaliser un film d'animation réclame plusieurs années de travail et des centaines d'animateurs, qui œuvrent très souvent dans l'ombre : ils étaient par exemple 800 sur Le Roi Lion (1994) et 400 sur Toy Story (1996). Ce dossier se propose donc de placer, pour une fois, les coulisses sous les feux des projecteurs et de retracer l'aventure passionnante du cinéma d'animation à travers les diverses techniques et technologies, artisanales puis numériques, qui ont marqué son histoire. Découvrez l'animation avant le cinéma, les techniques utilisées durant l'âge d'or du dessin animé, les dessous des images de synthèse, la course au photoréalisme ou encore les promesses et les craintes engendrées par les progrès de l'ordinateur dans l'animation.

Avec la participation de Gilles Penso, réalisateur et journaliste pour L'Écran fantastique, Julien Duval, directeur de la photographie et enseignant à l'Esma, et Thierry Brionnet, directeur pédagogique Cinéma 3D-FX et Music & Sound Design Isart Digital.

N. B. : toutes les dates de sortie des films évoqués dans ce dossier correspondent aux dates des sorties françaises, sauf lorsque le film n'est pas sorti en France.