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Les jeunes technophiles vivent en musique

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Comment les jeunes technophiles d'aujourd'hui vivent-ils la musique ? Un questionnaire a été soumis à 71 jeunes étudiants. L'échantillon, masculin à 80 %, qui se considère aux trois quarts comme très familier de l'informatique et de l'internet, n'est certes pas représentatif. Ses réponses fournissent cependant un portrait saisissant de la manière dont cette population aborde la musique et la consommation culturelle.

Les jeunes technophiles vivent en musique

Cette étude recueillie par Daniel Kaplan et Laurence Ludivine, étudiante à Hetic (Ecole des nouvelles technologies de l'information et de la communication) est originellement parue dans "Piratage, arme de destruction massive de la culture ?", Les nouveaux dossiers de l'audiovisuel, septembre-octobre 2004, publié sous la direction de Frank Beau et Daniel Kaplan.

La musique au quotidien

La musique est une composante essentielle du quotidien de ces jeunes. Un sur deux en écoute plus de deux heures par jour, 20 % à peu près tout le temps. Ils l'écoutent chez eux (tout le temps pour 60 % des interviewés), dans les transports (50 %), un peu moins souvent dans les lieux publics, au travail ou... pendant les cours. Ils l'écoutent seuls (90 % « tout le temps » ou « fréquemment »), mais aussi avec des amis (75 %), voire en couple (50 %).

La musique est un environnement au moins autant qu'une pratique culturelle. Il y a certes des moments où l'on se concentre sur la musique, mais il est plus courant de s'entourer de musique pour pratiquer d'autres activités : deux répondants sur trois écoutent fréquemment de la musique tout en travaillant, en lisant, en regardant la télévision, en naviguant sur l'internet ou en jouant à un jeu vidéo. La présence d'amis ou de la famille est souvent accompagnée de musique. Le sport semble en revanche moins compatible avec la musique.

La musique, moyen de communication

La musique est importante dans les relations amicales des jeunes technophiles : ils en parlent, ils l'écoutent ensemble, ils se la font découvrir et bien sûr, ils l'échangent. 80 % des répondants ont gravé des compilations pour leurs amis ou à l'occasion de soirées. La musique est un moyen de d'être ensemble. Elle prend une part importante, quoique non déterminante, dans le choix des relations amicales.

La moitié de ces jeunes chante ou pratique un instrument. La part de la musique électronique est faible (un sur cinq). Un peu plus de la moitié utilise la musique dans ses activités, pour illustrer un film ou une création multimédia ou encore pour animer une manifestation.

L'omniprésence des supports numériques

Le micro-ordinateur est plus utilisé que la chaîne hi-fi pour écouter de la musique : 85 % contre 70 %. La moitié des répondants dispose également d'un baladeur et considère naturel de pouvoir écouter leur musique sur plusieurs supports et l'emporter sur eux.

Près de neuf répondants sur dix télécharge des titres musicaux sur les réseaux peer to peer (P2P). Les trois quarts échangent également des chansons via la messagerie instantanée. Si la moitié des jeunes interrogés écoute parfois des radios sur l'internet, les autres formes de distribution musicale en ligne sont très peu utilisées : un tiers des répondants achète « occasionnellement » des CD en ligne et moins de 5 % utilise les sites payants de téléchargement.

La pratique du P2P devient vite addictive : la moitié des répondants a récupéré plus de 1000 titres en ligne ! On télécharge plutôt des albums que des titres isolés, plutôt d'artistes que l'on connaît ou que l'on a découvert dans les médias. Un nombre significatif de fans télécharge plusieurs versions d'une même œuvre ou tous les titres d'un artiste.

La pratique du P2P s'assimile plus à une forme de consommation que de coopération : si la moitié des utilisateurs met à disposition (« partage ») tous les titres qu'ils ont téléchargé (alors qu'un peu plus du dixième ne partage rien), seul un tiers communique en ligne avec les autres « P2Pistes » et moins d'un sur cinq participe à des forums en ligne.

Pour trois répondant sur quatre, le P2P leur a fait faire des économies, mais un tiers des P2Pistes affirme cependant acheter plus de disques en magasin qu'auparavant.

L'impact du peer to peer

Depuis qu'ils ont découvert le P2P, la quasi-totalité des répondants déclare écouter plus de musique, plus d'artistes différents, voire des genres et des musiques qu'ils n'auraient jamais écouté auparavant. Un sur trois affirme même que ses goûts musicaux ont changé, la même proportion estime que sa pratique musicale personnelle s'est développée.

Conséquence : les réseaux P2P semblent avoir fidélisé beaucoup de leurs utilisateurs. Si la baisse des prix des CD ressort comme le principal facteur susceptible de les en détourner, ils sont à peu près autant à considérer qu'ils réduiront « sûrement », « peut-être » ou « sûrement pas » leur usage du P2P suite à l'amélioration et la baisse des prix des sites commerciaux, ou encore pour éviter des poursuites. La commodité, la facilité d'utilisation et la richesse du fonds disponibles sont pour les utilisateurs du P2P des motifs aussi forts, ou presque, que la gratuité.

Parmi les facteurs négatifs liés au P2P, plus d'un répondant sur deux cite la non-rémunération des artistes, mais aussi la publicité. En revanche, la non-rémunération des maisons de disques n'attriste qu'une petite minorité de jeunes technophiles, un tiers s'en réjouissant même.

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