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Piratage, DRM : l’impression 3D s’invite dans les débats sur le "libre"

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Droit d'auteur, propriété intellectuelle, piratage, DRM, mouvement « open source » : ces thèmes bien connus traversent des débats sur les logiciels, la musique ou les films, et atteignent aujourd'hui l'impression 3D. Pour la Journée mondiale de la propriété intellectuelle, dont le thème 2013 était « Créativité : la prochaine génération », une exposition y est consacrée à Genève. Découvrez ce nouveau débat.

L'exposition de l'OMPI à Genève montre d'abord les possibilités nouvelles de créativité ouvertes par ces systèmes dits d'« impression 3D », qui fabriquent des objets en plastique, couche par couche, sous le pilotage d'un ordinateur. Comme une photographie numérique peut être imprimée, un objet codé sur un fichier peut être créé, mais aussi sauvegardé, dupliqué et transmis par Internet. © OMPI

L'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) a ouvert cette semaine à Genève une exposition dédiée à l'impression 3D, à l'occasion de la Journée mondiale consacrée vendredi dernier à ce sujet. Preuve que l'organisation n'entend pas laisser les choses se faire sans elle. Si vous avez aimé les problématiques de droits d'auteur engendrées par l'arrivée de Napster puis de tous les services de P2P et de partage successifs, vous allez adorer l'impression 3D.

Le piratage d'œuvres culturelles n'a touché qu'une industrie relativement modeste. Mais la possibilité de copier chez soi et de partager des améliorations des produits manufacturés promet d'avoir un impact bien plus fort encore sur la société et les modèles économiques de nombreuses entreprises. Ce qui suscitera naturellement des batailles féroces sur le terrain de la propriété intellectuelle. La baisse régulière du prix des imprimantes 3D ne peut que souffler sur ces braises.

La mode sans couture (seamless fashion) : un des exemples d'impression 3D détaillés dans la brochure de l'OMPI sur son exposition à Genève. On commence à s'inquiéter des possibilités de partage et d'échange par Internet de ce genre de créations. Et si l'on créait des robes et des bijoux open source ? © OMPI

Les téléchargements d'objets causent déjà des soucis

De la médecine aux vêtements, les possibilités offertes par l'impression 3D sont immenses, quoique toujours très débattues quant à leur adoption par le grand public. Et l'on sent actuellement une tension naissante entre deux tendances bien connues. Certains, actuels partisans du logiciel libre, souhaitent conserver ce modèle « open source » basé sur la gratuité et la liberté de l'échange des modèles 3D. Les autres veulent au contraire bâtir l'impression 3D dans le cadre de la défense des droits de propriété intellectuelle, avec déjà de premiers formats de DRM pour imprimantes 3D, et des brevets sur les technologies utilisées.

Il est intéressant de voir que The Pirate Bay a déjà créé sa rubrique, baptisée Physibles, pour modèles 3D piratés (ou non), et que des plaintes en contrefaçon d'objets imprimables commencent à affluer. L'OMPI, en tout cas, n'a aucune intention de se laisser dépasser par le phénomène en pleine explosion. À l'occasion de cette Journée mondiale et d'une session du Comité permanent du droit d'auteur et des droits connexes, qui se tient cette semaine à Genève, elle inaugure une exposition dans ses locaux suisses (An exhibition on 3-D printing) dédiée à l'impression 3D. Ce qui montre une ferme volonté de s'intéresser à ce sujet. Voilà de nouveaux débats de société en perspective...

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