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Paperphone, ou comment un écran souple sert d’interface à un mobile

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Un laboratoire canadien propose d'utiliser les écrans souples comme une interface : quelques mouvements de torsion déclenchent des commandes simples. Les testeurs-cobayes ont apprécié et convergé vers les trois mêmes gestes. La même équipe a essayé l'ordinateur au poignet et les T-shirts lumineux...

Une autre utilisation de l'électronique souple : les vêtements qui deviennent des afficheurs. Pour en démontrer les possibilités, l'équipe de l'université Queen a réalisé des T-shirts servant à un jeu enfantin, Tagurit. © Human Media Lab

Pour tourner la page, saisir le coin supérieur droit. Les humains apprennent ce geste dès leur premier livre d'images. Il n'en faut pas plus pour passer à la page suivante sur un Paperphone, prototype d'interface mis au point par le laboratoire Human Media de l'université Queen, en Ontario. « C'est l'avenir, affirme Roel Vertegaal, le directeur de laboratoire dans le communiqué de l’université Queen. Tout ressemblera à ça d'ici cinq ans. » Voici donc l'iPhone de demain...

Les chercheurs canadiens ont réalisé leur appareil autour d'un écran souple utilisant l'encre électronique E-Link monochrome. En soi, il n'y a là aucune invention nouvelle. Ce que l'équipe voulait réaliser, c'est un essai dans le but d'utiliser cette souplesse pour en faire une interface.

L'écran souple est loin d'être une nouveauté mais sur le Paperphone cette souplesse sert à quelque chose : tordre l'afficheur sert à tourner les pages, à envoyer un e-mail ou à choisir une option dans un menu. Une vidéo (avec commentaires en anglais) illustre son fonctionnement. © Human Media Lab

Dans l'article décrivant ce Paperphone, les auteurs, Byron Lahey, Audrey Girouard, Winslow Burleson et Roel Vertegaal, expliquent que comme dix volontaires, ils ont eux-mêmes essayé différents gestes qui leur semblaient intuitifs. La quête a convergé vers trois paires de gestes : torsion d'un coin, supérieur ou inférieur, vers le bas ou vers le haut, et torsion latérale, vers le haut et vers le bas. Pour envoyer un mail, par exemple, affichez-le et poussez-le en tordant la feuille comme pour en expulser des miettes...

Les gestes qui ont obtenu un bon succès chez les testeurs. Tous ont utilisé les trois premières paires (A-B, C-D et E-F), mimant les mouvements de doigts servant intuitivement à feuilleter un livre. © Human Media Lab

Un écran au poignet et sur mon T-shirt

On retrouve le principe intuitif d'un écran tactile où un mouvement du doigt fait défiler les photos ou les pages. Pour les chercheurs canadiens, un écran souple doit servir autrement qu'un écran rigide et sa souplesse doit être mise à profit...

Depuis longtemps, l'électronique souple passionne les scientifiques, qui les voient un peu partout et de nombreux prototypes ont été présentés. Sony a montré un écran que l’on peut enrouler, et Readius un prototype abouti de smartphone à écran enroulable.

Snaplet s'utilise avec un stylo mais peut aussi être roulé autour du poignet. © Human Media Lab

Des modèles en couleur existent déjà et le laboratoire japonais de Takao Someya a même réalisé des écrans sur supports élastiques et déformables... D'ailleurs, l'équipe canadienne du Paperphone montre aussi Snaplet, un modèle plat que l'on peut enrouler sur son poignet et Tagurit, un T-shirt à affichage lumineux utilisé dans un jeu interactif, rappelant le « chat » des cours de récréation, où les vêtements de chaque joueur affichent momentanément des sortes de smileys, Goomba et Boo.

L'électronique souple a-t-elle enfin trouvé une utilité ?

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