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Disques durs : Hitachi promet 4 To

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Les techniques actuelles ont du mal à franchir le cap du téraoctet. Mais Hitachi parie sur un nouveau procédé - déjà connu - qui permettra de dépasser cette limite à partir de 2009.

Sur le Deskstar 7K1000, du même Hitachi, qui engrange 1 téraoctet, la densité d’information est de 148 Gbits par pouce carré. © Hitachi

La coïncidence est curieuse... La semaine dernière, Albert Fert et Peter Grünberg recevaient le prix Nobel de physique pour leur découverte de la magnétorésistance géante, qui a permis, grâce à une plus grande sensibilité des têtes de lecture, un gain considérable de capacité des disques durs dans les années 1990. Quelques jours plus tard, lors d'une conférence de presse, le constructeur japonais Hitachi annonce une nouvelle génération de têtes de lecture basée sur une technologie encore inutilisée et baptisée CPP-GMR, pour Current perpendicular-to-the-plane giant magnetoresistive, c'est-à-dire magnétorésistance géante (GMR en anglais) par courant perpendiculaire au plan (CPP). Grâce à elle, Hitachi affirme pouvoir fabriquer, à partir de 2009, des disques durs de capacités de 4 téraoctets (To), soit 4.000 Go, et plus encore dans les années suivantes.

Les têtes de lecture actuelles utilisent une méthode appelée jonction tunnel magnétorésistante, ou TMR (Tunnel Magneto-Resistance). Elle est composée d'un sandwich de quelques couches ferromagnétiques (métalliques) et de semi-conducteurs. Lorsqu'elle traverse un champ magnétique, la résistance électrique entre les couches ferromagnétiques change fortement (c'est l'effet de magnétorésistance), ce qui permet la mesure.

Moins de place pour un bit

Dans la variante CPP, la tête de lecture est composée de multiples couches, beaucoup plus fines. Le courant électrique de la mesure ne repose plus sur l'effet tunnel mais sur un simple contact électrique. Son intensité est moins élevée, conduisant à une meilleure sensibilité. Puisqu'elle détecte des champs magnétiques plus faibles, une tête de lecture CPP permet d'inscrire sur les disque des informations sur des surfaces plus petites. Un « 0 » et un « 1 » occuperont donc moins de place.

Alors que sur un disque dur actuel, un bit d'information s'étale sur une zone d'environ 70 nanomètres de diamètre, Hitachi affirme pouvoir atteindre 50 nanomètres en 2009 puis descendre à 30 en 2011.  La densité d'information, que l'on exprime en gigabits par pouce carré (Gb/in2), serait alors portée à 500 Gb/in2 dans un premier temps pour grimper ensuite à 1.000 Gb/in2 (1Tb/in2), alors que le maximum actuel est de 200 Gb/in2. (Pour les habitués du système métrique, on peut traduire 200 Gb/in2 par 31 Gb/cm2, et, respectivement, 500 et 1.000 Gb/in2 par 77,5 et 155 Gb/cm2.)

Au passage, on peut en déduire que la capacité des disques durs du commerce n'augmentera guère en 2008. Les modèles à 1 To ou un peu plus, hauts de gamme actuels, devraient continuer à tenir leur rang pendant une année au moins avant le déferlement de la nouvelle vague...

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