L’US Navy a lancé depuis le tube torpilles d’un sous-marin en immersion un drone autonome, puis l’a récupéré. Polyvalent et réutilisable, ce drone sous-marin présente de nombreux atouts pour assurer la protection du navire principal et mener des opérations de renseignement au plus près de l’ennemi.


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    Les expérimentations sur les drones lancés à partir de sous-marinssous-marins se multiplient. Après le lancement d'un drone aérien par un SNLE français en immersion, l'US Navy vient de « tirer » un drone naval à partir du tube torpille d'un sous-marin et, surtout, ce drone est revenu par ce même tube de façon autonome.

    Le drone est de type UUV (Unmaned underwater vehicle), c'est-à-dire un sous-marin, et il s'agit du Yellow Moray. Il est basé sur une gamme de drones sous-marins déjà éprouvés, et opérationnelle : la série Remus conçue par HII. L'essai a été mené à bord du sous-marin d'attaque Virginia de classe USS Delaware (SSN 791). Pour le lancement, le drone a été encapsulé dans une ogive remplaçant une torpille.

    Peu de détails ont été livrés par les militaires, mais les caractéristiques des drones Remus sont déjà connues. Le Yellow Moray pourrait reposer sur le Remus 600 en raison de sa modularité. Ce drone dispose d'une autonomie d'au moins 24 heures avec un potentiel de 70 heures maximum et peut descendre à près de 200 mètres de profondeur. Il pourrait être envoyé pour des missions de renseignement dans les zones sensibles. Il est aussi capable de s'approcher des côtes et de sortir de l'eau pour réaliser des missions d'observation sur les bases marines ennemies. Le drone permet également de cartographier précisément les fonds marins, ce qui est essentiel pour préparer avec le plus de détails possible des opérations sous-marines.

     Le drone est encapsulé dans une coque simulant une torpille. © US Navy
     Le drone est encapsulé dans une coque simulant une torpille. © US Navy

    Lancer, récupérer, réutiliser

    Comme pour des drones ailiers d'un avion de chasse, le Yellow Moray a comme autre avantage de permettre au sous-marin de rester éloigné des menaces tout en pouvant s'approcher d'un navire ennemi ou identifier des sous-marins. Il peut tout aussi bien servir à détecter des mines ou servir de leurre. Ainsi, en utilisant des émulateurs acoustiques, le drone pourrait tromper les capteurscapteurs ennemis afin de détourner l'attention des autres sous-marins. La polyvalence de ce type d'appareil est donc conséquente, comme le montrent ces différents exemples.

    Le Yellow Moray reposerait sur le drone sous-marin Remus 600 que l’on peut découvrir sur cette vidéo d’animation en 3D. © MrMundo3d

    Pour son essai, la marine n'a pas donné de détails sur la récupération du drone, mais celui-ci aurait réalisé sa mission de façon autonome. Ainsi, on ne sait pas si l'appareil a nécessité des plongeurs pour assurer la manœuvre, mais la capacité à pouvoir récupérer le drone pour le réutiliser est importante. Un sous-marin est conçu pour évoluer durant plusieurs mois en mission et sa capacité d'embarquement de drones est limitée. Pouvoir les réemployer pour d'autres missions est donc essentiel pour ne pas amenuiser les capacités du sous-marin. La possibilité d'embarquement de drones dans les sous-marins est pour le moment limitée techniquement à quatre sous-marins de classe Ohio. Comme le montre ce test, les dernières versions des sous-marins de classe Virginia peuvent être adaptées pour lancer des UUV de ce type. Prévue pour 2028, la future version de ce sous-marin sera d'ailleurs conçue pour lancer différents types d'armements, y compris des missiles hypersoniques et des drones sous-marins.