Ce drone de type grand public a été modifié pour porter un barillet contenant des obus de mortier. Ce chargeur permet de multiplier les chances d’atteindre une cible. © Twitter
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Des drones grand public transformés en armes de guerre

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[EN VIDÉO] L'armée américaine teste une escadrille de 103 mini-drones autonomes  Aux États-Unis, le département de la Défense a testé avec succès un groupe de 103 microdrones largués depuis trois avions de combat. Mus par une intelligence artificielle, ces petits engins de 16 centimètres de long ont démontré leur capacité à voler en formation et à prendre des décisions pour s'adapter aux circonstances. 

Une société néerlandaise convertit des drones classiques en armes de guerre avec l'ajout d'un carrousel capable de contenir plusieurs charges explosives. Ce type d'utilisation pourrait bien révolutionner la guerre à haute intensité.

Avec ses nuées de véhicules blindés, des chars, des lance-missiles, des canons et mortiers, la guerre en Ukraine est un conflit de haute intensité que l'on n'avait pas connu depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est aussi une école de guerre où les états-majors du monde entiers découvrent parfois avec surprise que certaines technologies, pouvant paraitre peu sérieuses, peuvent changer le cours des choses.

C'est ainsi que le drone de combat turc TB-2 Bayraktar est devenu l'une des stars sur le champ de bataille et la terreur des blindés. Outre ce drone destructeur de chars, il y a une nuée d'aéronefs hétéroclites en l'air sur la zone de front, comme le Phoenix Ghost un drone-munition spécialement modifié pour répondre aux besoins des combattants ukrainiens. Chez les Russes, pour observer les positions ennemies, ce sont des Orlan-10 dont Futura a pu relater la conception artisanale. Il y a aussi de nombreux petits drones issus du commerce, avec notamment la marque réputée DJI et même le Français Parrot. Ces drones accessibles à tout un chacun pour parfois moins de 2.000 euros deviennent d'utiles et discrets observateurs mais également des armes redoutables lorsqu'ils sont bricolés.

Un chargeur multiple pour les obus de mortier

Et maintenant, les constructeurs civils s'y mettent en adaptant leurs modèles commerciaux aux besoins des combattants. C'est notamment le cas d'une entreprise néerlandaise anonyme qui a mis au point un drone doté d'un chargeur de type carrousel permettant de larguer plusieurs petits obus. Une invention destinée à aider l'effort de guerre ukrainien. Des photos et une vidéo ont d'ailleurs commencé à circuler sur les réseaux sociaux à la fin de la semaine dernière, et montrent ce qui semble être un drone commercial de type quadricoptère équipé d'un chargeur capable d'enfermer les petits obus de mortier que l'on tire habituellement avec un fusil d'assaut. Le drone serait déjà utilisé sur le terrain. Ainsi, un clip vidéo, montre une attaque contre un char russe T-72B3. Il reçoit quatre obus de mortier largués consécutivement. Peu de chances d'échapper à tel prédateur qui multiplie les occasions d'atteindre sa cible.

Vidéo probablement tournée à partir d’un autre drone de surveillance. La forme des obus de mortier et les largages multiples laissent supposer qu’il s’agit bien du drone conçu par la société néerlandaise. © Twitter

Un gobelet pour retarder la détonation de la grenade

Ce procédé permet aussi d'engager plusieurs cibles à partir d'un seul drone. Le largage de ce genre de munition par drone est loin d'être une nouveauté. Cela s'est fait de façon artisanale depuis des années et notamment au Levant, où les djihadistes les bricolaient pour qu'ils puissent larguer des grenades légères dès 2017. Une méthode à laquelle les États-Unis n'étaient pas préparés. Il semble aujourd'hui que les Russes ne le soient pas beaucoup plus.

C'est d'autant plus le cas, que ce procédé a été amélioré par les Ukrainiens qui parviennent à faire mouche de façon précise en créant des ailettes, voire un fuselage avec une imprimante 3D. Mais, il ne faut pas croire que les Russes ne soient pas bricoleurs. Des vidéos diffusées sur Twitter montrent effectivement des drones russes issus du commerce larguer des grenades. C'est même assez artisanal, voire grotesque, si la charge n'était pas aussi dangereuse. Ainsi, on peut voir une grenade enfichée dans un gobelet en plastique tomber du drone. Ce procédé permet de maintenir la cuillère, c'est-à-dire la petite manette qui déclenche la charge lorsqu'elle est éjectée. Les bricoleurs ont estimé que, lors de l'impact, le gobelet devrait libérer la grenade et faire sauter cette fameuse cuillère. Malin, mais pas forcément systématique...

Finalement, ce qui est important est que ces drones du commerce peuvent devenir de dangereuses machines à bombarder. Le fait que deux grandes armées utilisent toutes les deux les mêmes concepts, qui ont été mis en œuvre par des groupes armés il y a quelques années à peine, est un signe. On comprend ainsi mieux pourquoi la réglementation européenne fait tout pour contraindre l'utilisation de drones au-delà des 800 grammes. Cela a pour effet d'orienter l'essentiel du marché vers des drones ultra légers de 250 grammes qui sont incapables de porter une charge explosive.

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