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Les facteurs psychologiques

Dossier - Mars : les données du voyage
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Mars, la plus accessible et la moins inhospitalière des planètes, riche d'un fabuleux potentiel scientifique et de ses ressources, s'impose comme le prochain objectif de l'exploration du système solaire. Mais que représente cette nouvelle avancée ?

  
DossiersMars : les données du voyage
 

Les facteurs psychologiques résultant des conditions de la mission martienne seront peut-être les plus difficiles à maîtriser.

On a déjà évoqué la sensation d'arrachement à la Terre, de séparation irrémédiable, de distance, d'isolement physique total.

La conscience d'être en grande partie livré à soi-même, sans secours possible autre qu'immatériel, ne fera qu'augmenter le risque d'angoisse.

L'habitat simulé implanté par la Mars Society dans le désert de l'Utah. Au premier plan, le « drapeau de Mars », aux couleurs des phases de la terraformation… Crédits : TMS

A cela vient s'ajouter l'effet de la durée. C'est même un des arguments qu'on entend le plus fréquemment de la part des détracteurs du projet : deux ans et demi serait insupportables... Pourtant, aux yeux des astronautes qui se porteraient volontiers candidats, c'est ignorer l'ampleur indescriptible de l'enjeu et de l'aventure. Par ailleurs, sur ces deux ans et demi, les 18 mois de phase planétaire seront vraiment haletants et bien remplis, ponctués par les imprévus et les découvertes ; il est à prévoir que les astronautes trouveront après coup leur équipée bien courte ! Quant aux 6 mois des trajets aller et retour, c'est déjà une « dose » habituelle ; c'est par exemple la durée de mission des équipages de la station spatiale.

Enfin, troisième facteur, la cohabitation forcée... Là encore, évitons de juger avec nos critères ordinaires. Ces hommes et ces femmes auront été sélectionnés sur leurs traits de leur caractère autant que sur leurs compétences et leurs qualités physiques. Ils devront se montrer particulièrement aptes à supporter ce type de contraintes. De plus, compte tenu de l'importance critique de ce facteur, le processus de sélection ira au-delà : ce ne sont pas seulement des individus qui seront choisis, mais des équipages constitués. On peut imaginer qu'ils soient placés en situation dans des simulateurs où on leur infligerait des conditions de stress et où leur résilience serait évaluée. Le meilleur sera retenu !

Ce pourrait être un équipage en partance pour Mars… Photo prise dans la Station Spatiale. Crédits : NASA

Cela étant, il faudra offrir aux astronautes les meilleures conditions de vie possibles : volume et surface habitable, architecture intérieure (un facteur capital), qualité de l'isolation acoustique et des éclairages, distractions, rythme de travail, autonomie de décision, communications avec la Terre (centre de contrôle et proches), etc. Tout cela forme un ensemble de conditions qu'il faudra travailler avec soin, en se basant sur l'expérience précieuse des stations spatiales.

Une conclusion s'impose : les candidats ne devront pas être uniquement, ou avant tout, des spécialistes surdoués du vol spatial, mais bien d'abord des explorateurs dans l'âme, des hommes et des femmes assoiffés de découverte et d'aventure et, bien entendu, des amoureux de Mars, de ses paysages, de sa beauté sauvage, de ses mystères.