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Les contraintes (exo-) biologiques

Dossier - Mars : les données du voyage
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Mars, la plus accessible et la moins inhospitalière des planètes, riche d'un fabuleux potentiel scientifique et de ses ressources, s'impose comme le prochain objectif de l'exploration du système solaire. Mais que représente cette nouvelle avancée ?

  
DossiersMars : les données du voyage
 

On ne peut parler de voyage sur Mars sans examiner aussi les contraintes d'ordre biologique. La démarche scientifique dans ce domaine impose en tout premier lieu d'éviter de polluer par des microorganismes terrestres un éventuel écosystème martien. On risquerait alors, en effet, de brouiller sérieusement les pistes. L'environnement hautement stérilisant de la surface (ultraviolets intenses et sol hyper oxydant) entraîne la destruction de tout microorganisme, terrestre en tout cas, qui s'y trouve déposé. Donc, pas de souci de pollution en surface (où la vie martienne est d'ailleurs elle-même probablement incapable d'exister). Par contre, dès qu'on se mettra à creuser ou à forer, et donc à pénétrer un milieu protégé, il y aura problème potentiel. Une seule solution : travailler avec des outils totalement stériles. Les exobiologistes vont donc être soumis à des contraintes instrumentales et opérationnelles sérieuses.

Alluvions déposés en méandres dans un delta. Détail d'une des images les plus probantes de la présence persistante, dans le passé, d'eau liquide à la surface de Mars. Crédits : MSSS

Dans l'autre sens, vers la Terre, c'est de tout risque de contamination pathogène par d'éventuels organismes martiens dont il faut se prémunir. Même si rien n'est trouvé, il restera impossible de garantir totalement l'absence d'agents qui auraient pu échapper à la détection... Cela dit, l'exposition forcée des astronautes au risque hypothétique d'infection, au moins sur la longue durée du retour, constituera une quarantaine probante. On peut imaginer que lui soient associées des dispositions au recueil de la capsule sur Terre. Stérilisée par sa traversée de l'atmosphère, celle-ci ne serait ouverte qu'après introduction dans un local de sécurité biologique. Là, des examens encore plus poussés, biologiques sur les échantillons, médicaux sur les astronautes, pourraient être menés.

La météorite martienne ALH84001 recèle-t-elle des indices d'activité biologique ? (cristaux de magnétite, en haut dans un organisme terrestre, en bas dans ALH84001). Peu de scientifiques le croient. Crédits : NASA

Pour l'instant, ces questions capitales ont été principalement étudiées dans le cadre du projet de mission automatique de retour d'échantillons. Il reste encore beaucoup de réflexions à mener dans le cas du vol humain. Entre temps, les missions robotiques, dont le retour d'échantillons, auront amené de nouveaux éléments au dossier, et peut-être révolutionné notre approche.