Police judiciaire : on peut maintenant dater une empreinte digitale

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La police judiciaire va bientôt disposer d'un nouvel outil pour ses investigations : savoir quand a été déposée une empreinte digitale. Une information essentielle, par exemple, pour contredire un suspect déclarant avoir visité sa victime à un horaire précédent celui du crime. Or, les techniques actuelles comme la chromatographie en phase gazeuse (CPG) ne permettent pas d'avoir une précision inférieure à huit jours.

Des chercheurs de l'université de l'Iowa (États-Unis) se sont intéressés aux résidus laissés par le doigt, en l'occurence les traces de graisse (triglycérides). Ils ont découvert qu'ils pouvaient déterminer avec précision le taux de dégradation des triglycérides en ionisant les molécules et en mesurant leur taux avec la spectroscopie de masse. Une technique qui présente l'avantage de ne pas dégrader l'empreinte, et qui peut être effectuée à partir des prélèvements, la dégradation des lipides étant stoppée dans les conditions de conservation du laboratoire. Reste cependant un problème de taille : ce taux de dégradation varie fortement selon les individus, mais reste constant chez une même personne. Les chercheurs attribuent cette différence à la présence plus ou moins élevée d'autres lipides dans la peau. Pratiquement, l'enquêteur devra donc recueillir les empreintes digitales du suspect pour effectuer une comparaison. L'étude a été publiée dans la revue Analytical Chemistry.

La quantité de triglycérides d’une empreinte digitale suit une dégradation proportionnelle au temps. © Analytical Chemistry 2020