L'intelligence artificielle a fait une entrée tonitruante dans nos vies professionnelles : manne pour les uns, malédiction pour les autres, il semble, dans tous les cas, qu'il soit désormais difficile de s'en passer... au point de créer une nouvelle forme de concurrence entre salariés, révèle une récente étude.


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    Les prochaines années promettent d'être riches en défis avec le déploiement de l’intelligence artificielle en entreprise. Si certains salariés voient cette technologie comme une formidable opportunité d'accroître la productivité, d'autres sont plus mitigés. Ils craignent que ces nouveaux outils ne leur portent préjudice sur le plan professionnel.

    C'est en tout cas ce qui ressort de la dernière édition du rapport « Work Trend Index » de Microsoft et de LinkedIn. Plus de 30 000 travailleurs de 31 pays ont été sondés pour les besoins de cette grande enquête annuelleannuelle. Il s'avère que 52 % d'entre eux sont réticents à l'idée que leurs collègues savent qu'ils utilisent des outils d'intelligence artificielle pour réaliser des tâches professionnelles complexes. 

    Une menace bien réelle qui peine à être mesurée

    La raison ? Ils ont peur que cela porteporte préjudice à l'évolution de leur carrière. En effet, 53 % des sondés craignent que leur hiérarchie ne soit tentée de les remplacer par l'IA si elle apprenait qu'ils utilisent des logicielslogiciels intégrant cette technologie pour réaliser des tâches importantes. 

    Fantasme ou peur réelle, nul ne le sait réellement. Experts et économistes n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le nombre ou le type de postes menacés par la robotisation. La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a estimé que 300 millions d'emplois à temps plein en Europe et aux États-Unis pourraient être menacés par l'automatisation. Mais il est difficile de prédire avec certitude l'impact qu'auront les systèmes d'intelligence artificielleintelligence artificielle générative sur le monde du travail dans les prochaines années. 

    Les recruteurs ne s'en cachent pas : ils cherchent désormais des personnes à l'aise avec les outils d'intelligence artificielle. © Korakrich, Adobe Stock
    Les recruteurs ne s'en cachent pas : ils cherchent désormais des personnes à l'aise avec les outils d'intelligence artificielle. © Korakrich, Adobe Stock

    Prendre le train de l'IA avant les autres

    Quoi qu'il en soit, les salariés interrogés par MicrosoftMicrosoft et LinkedIn sont convaincus de la nécessité de bien maîtriser les outils d'intelligence artificielle pour briller professionnellement. Les trois quarts d'entre eux croient que les compétences en matière d'IA leur permettront de se démarquer sur le marché de l'emploi, tandis que 69 % ont la conviction que ces « skills » les aideront à obtenir plus rapidement une promotion. Huit répondants sur dix pensent qu'ils pourront élargir leurs horizons professionnels grâce à cette technologie.

    Car les employeurs cherchent à s'entourer de profils qui sont en mesure de travailler efficacement avec des outils d'IA générative. Les deux tiers des dirigeants interrogés dans le cadre du rapport « Work Trend Index » déclarent qu'ils n'embaucheraient pas un actif qui n'a pas de compétences en matière d'IA. 71 % disent même qu'ils préféreraient recruter un junior doté de solides compétences en matière d'IA qu'un candidat plus expérimenté qui ne sait pas manier ChatGPTChatGPT, par exemple. 

    Beaucoup de professionnels l'ont bien compris et indiquent sur leur profil LinkedIn qu'ils maîtrisent des outils d'IA très populaires, dans l'espoir que cela attire l'attention des recruteurs. Dans ce contexte, les travailleurs ne semblent pas avoir d'autres choix que de prendre le train de l’intelligence artificielle en marche. Ceux qui s'y refusent risquent de se faire dépasser, non pas par la machine, mais plutôt par les actifs qui savent se servir de cette technologie.