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Cameraria : la mineuse du Marronnier poursuit son invasion

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En quelques années, la mineuse du marronnier, Cameraria ohridella a rapidement progressé en France et en Europe. Ce petit papillon dont les chenilles dévorent l'intérieur des feuilles de marronnier provoque un brunissement des feuilles et leur chute précoce. Signalé en France dès 1998, il a désormais envahi la quasi totalité des départements français. En Europe, il poursuit sa progression notamment en Angleterre (2002), au Danemark (2003) et en Suède (2004). Dans le cadre du projet européen CONTROCAM "Lutte contre Cameraria", les chercheurs de l'INRA d'Orléans ont étudié l'épidémiologie de cette mineuse. Ils évaluent aujourd'hui la dispersion potentielle du papillon grâce à un modèle mathématique établi selon des données collectées en France. Ce modèle a permis de prédire la progression de C. ohridella au Royaume-Uni jusqu'en 2008.

Mines de Cameraria ohridella sur feuille de marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum). © Augustin Sylvie - Inra - Reproduction ou utilisation interdites

La mineuse du marronnier a progressé rapidement depuis son signalement en 1998 dans l'est de la France. Elle a été observée à Paris et en Ile de France en 2001. Les fronts de dispersion des différents foyers se sont rejoints en 2002, et l'insecte a continué sa colonisation vers l'ouest. Sa progression est très rapide puisqu'en 2004 il était présent dans presque tous les départements français, excepté au sud-ouest du Massif central, dans le Cantal, le Lot et l'Aveyron.

Les études menées pendant 4 ans à l'échelle nationale ont montré que cette dispersion était rapide et en relation avec les densités de population humaine. A l'échelle régionale, les estimations ont été obtenues sur 3 années par capture des mâles avec des pièges à phéromones et par observation visuelle des dégâts. La progression de Cameraria ohridella combine une dispersion naturelle à faible distance et anthropique à plus longue distance. Dans les villes, la densité des marronniers et la proximité de voies de communication (autoroute, fleuve, voie ferroviaire) sont des facteurs propices à l'installation de la mineuse.

A plus longue distance, le vent ou le transport passif par l'homme de plants de marronniers infestés pourraient contribuer au passage de C. ohridella d'une région à l'autre. Par contre, les régions montagneuses ou moins peuplées constituent des obstacles naturels qui diminuent la progression de l'insecte.

La mineuse du marronnier a colonisé presque toute la France entre 2000 et 2004. © Augustin Sylvie - Inra - Reproduction ou utilisation interdites

A plus longue distance, le vent ou le transport passif par l'homme de plants de marronniers infestés pourraient contribuer au passage de C. ohridella d'une région à l'autre. Par contre, les régions montagneuses ou moins peuplées constituent des obstacles naturels qui diminuent la progression de l'insecte.

Prévoir la progression de Cameraria

La mineuse du marronnier a colonisé presque toute la France entre 2000 et 2004. © Augustin Sylvie - Inra - Reproduction ou utilisation interdites

Dans le cadre du projet européen CONTROCAM, un modèle prédictif de dispersion du papillon dans lequel la probabilité d'installation à longue distance est fonction de la densité de population humaine a été développé. Ce modèle vérifié à partir des données françaises peut être appliqué à des pays présentant des conditions environnementales similaires à la France, récemment touchés par C. ohridella. Le modèle a été développé pour le Royaume-Uni à partir des observations faites entre 2002 et 2004 pour évaluer la progression probable du papillon sur le territoire britannique jusqu'en 2008. Les régions sud et centre du Royaume-Uni seraient colonisées en premier, suivies du Pays de Galles et du sud de l'Ecosse touchés vers 2008. Le modèle développé pourrait aussi être utilisé pour prédire la progression d'autres insectes parasites.

Le point sur la lutte contre C. ohridella

Les méthodes de lutte contre C. ohridella restent cependant limitées. Les phéromones utilisées par les femelles pour attirer les mâles ont été identifiées et synthétisées. Elles sont utilisables pour piéger les mâles et suivre la dynamique des populations, mais les essais réalisés ont révélé qu'elles n'étaient pas efficaces pour mener une lutte à grande échelle. L'influence de la présence des feuilles au sol durant la période hivernale sur la croissance des populations a également été confirmée. Il est donc fortement recommandé d'éliminer les feuilles mortes en hiver en les brûlant ou en les compostant à plus de 40°C. Enfin, les études réalisées au niveau européen n'ont pas permis de trouver d'ennemis naturels de C. ohridella capables de contrer son développement. Les recherches se poursuivent pour identifier l'aire géographique d'origine de la mineuse afin d'y trouver des parasites efficients.

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