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De belles actions locales mais un Ministère peu engagé

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Initiatives privées, spectacles, implications des associations et relais médiatique : la deuxième édition de la Semaine du développement durable (du 16 au 27 juin) a réussi à faire parler d'elle. Mais au passif du bilan figurent quelques grincements de dents et une démission de la Secrétaire d'Etat.

De belles actions locales mais un Ministère peu engagé

Sur les neiges maculées, des éboueurs bénévoles grimpent jusqu'au somment du Mont Blanc pour ramasser d'invraisemblables détritus laissés là par ceux qui disent aimer la montagne. Les caméras les accompagnent et la France entière entend le message : le respect de la planète que nous lèguerons à nos enfants dépend aussi de nos gestes quotidiens.
L'opération lancée par la commune de Saint-Gervais (Haute-Savoie) en pleine Semaine du développement durable a réussi son but : réaliser avec des moyens réduits une action de sensibilisation du public. En tout, près de 1.500 opérations de ce genre ont été menées dans toute la France, souvent modestes : animation dans un collège sur le thème du tri des déchets (Louhans, Saône-et-Loire), visites guidées de sites à préserver en Bretagne, plantations d'arbustes par des écoliers en Guadeloupe, etc.

Des entreprises ont joué le jeu : Auchan, Carrefour et Champion ont organisé des opérations de sensibilisation dans leurs magasins.
Avec cette seconde édition de la Semaine du développement durable, le Ministère de l'Ecologie et du développement durable a assuré une visibilité médiatique aux initiatives locales d'associations, de collectivités, d'individus ou de sociétés privées. A charge pour tous ces acteurs de trouver l'idée... et la plus grande partie du financement.

Une action à effet durable ou éphémère ?

C'est justement le reproche que font certains à cette opération ministérielle. «C'est une action de communication pure et dure, avec aucun moyen derrière» assène Catherine Camus, présidente de Franche-Comté nature environnement (Libération, 16 juin). Du côté du gouvernement, on a remarqué effectivement davantage d'actes médiatiques que d'annonces de mesures.
Mercredi 16 juin, Gilles de Robien (Ministre de l'Equipement et des Transports) est arrivé au conseil des ministres en Toyota Prius, à moteur hybride fonctionnant alternativement à l'essence et à l'électricité. Quant au Ministre de l'écologie et du développement durable, Serge Lepeltier, il n'a pas lancé d'autres actions concrètes que la diffusion d'un macaron "Stop à la pub" à coller sur les boîte aux lettres.

L'association Univers Nature remarque avec un peu d'amertume que de tels autocollants existent depuis longtemps. Mais une étude la Sofres montre que neuf Français sur dix jettent au moins un œil sur les 40 kg de prospectus déversés chaque année dans leur boîte. Une campagne de sensibilisation dans ce sens n'est peut-être pas inutile...

Au bilan de l'action gouvernementale, il faut malheureusement ajouter la démission de Tokia Saïfi, Secrétaire d'Etat... au développement durable, a choisi cette période pour présenter se démission, le 21 juin.
Au compteur, le nombre d'opérations lancées au cours de cette Semaine est en baisse par rapport à l'an dernier : 1428 au dernier recensement contre plus de 2100 en juin 2003. Au Ministère, on explique cette régression par une sélection plus importante des projets et on souligne qu'une nouvelle catégorie a été créée, labellisant des "démarches nationales", regroupant les actions s'étendant à toute le France et celles dont la durée dépasse celle de la Semaine du développement durable. On y trouve par exemple des opérations de sensibilisation des grandes surfaces, mais aussi, curieusement, des actions ponctuelles, comme des colloques organisés pour les entreprises.

Davantage de communication que d'action : le reproche semble fondé. Mais si les mentalités évoluent un tant soit peu, ce n'est déjà pas si mal...

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