Une équipe de physiciens de l’université de Toronto, au Canada, pense avoir découvert une nouvelle méthode pour générer des paires de photons intriqués. Plus efficace que celles utilisées dans les expériences d’optique quantique non linéaires habituelles, elle associe une Led à un matériau supraconducteur.
Cela vous intéressera aussi

Les technologies et les domaines de recherche basés sur la théorie de l'information quantique sont en plein développement. Les plus célèbres concernent la cryptographiecryptographie, les calculateurs quantiquescalculateurs quantiques et l'effet EPR. On y utilise des paires de particules intriquées, souvent des photonsphotons. Disposer de sources de paires de photons intriqués de plus en plus efficaces est donc un des facteurs de progrès dans ces thèmes de recherche. En général, on utilise un faisceau laser que l'on fait passer à travers un certain cristal qui a un comportement non linéaire avec la lumièrelumière du faisceau. Le cristal constitue ce qu'on appelle un oscillateur paramétrique optique (OPO). Il permet de convertir un photon de la lumière laserlaser en deux photons de fréquencefréquence inférieure mais formant une paire intriquée.

Une équipe de physiciensphysiciens de l'université de Toronto pense qu'il est possible de fabriquer des sources de paires de photons intriqués plus efficaces, plus petites et moins coûteuses en s'y prenant autrement. Il ne s'agit encore que de calculs théoriques qu'ils ont exposés dans un article en accès libre sur arxiv. L'idée centrale de leur travail est d'utiliser des paires de Cooper injectées dans une diode électroluminescente, une LedLed donc.

De gauche à droite, John Robert Schrieffer, John Bardeen et Leon Cooper, les auteurs de la théorie BCS expliquant les supraconducteurs conventionnels. On sait que des paires de Cooper, des électrons appariés, doivent se former aussi dans les supraconducteurs exotiques, mais on n'en comprend pas vraiment la raison. On suspecte toutefois l'influence de forces magnétiques. © <em>University of Illinois</em>

De gauche à droite, John Robert Schrieffer, John Bardeen et Leon Cooper, les auteurs de la théorie BCS expliquant les supraconducteurs conventionnels. On sait que des paires de Cooper, des électrons appariés, doivent se former aussi dans les supraconducteurs exotiques, mais on n'en comprend pas vraiment la raison. On suspecte toutefois l'influence de forces magnétiques. © University of Illinois

Des paires de Cooper aux paires de photons intriqués

Rappelons que les paires de Cooper se forment dans des matériaux supraconducteurs en dessous de leur température critiquetempérature critique. Dans le cas des supraconducteurs ordinaires décrits par la théorie BCS, les phononsphonons des réseaux cristallins, c'est-à-dire l'équivalent des photons pour les ondes sonoresondes sonores, forcent les électronsélectrons libres dans un supraconducteursupraconducteur à s'associer par paires. Les spinsspins de chaque électron sont demi-entiers, mais en formant une paire de Cooper, ils se combinent de sorte que l'objet quantique obtenu ne se comporte plus comme un fermionfermion, mais comme un bosonboson de spin entier. Le gazgaz de paires de Cooper dans un métalmétal peut alors s'écouler comme un superfluidesuperfluide sans rencontrer de résistancerésistance si sa température est suffisamment basse.

Les physiciens canadiens ont montré qu'en mettant en contact un supraconducteur avec le semi-conducteursemi-conducteur adéquat d'une Led, une partie des paires de Cooper pouvait transiter dans la Led et y donner lieu à l'émissionémission directe d'une paire de photons intriqués.

Si les chercheurs ont raison, cette nouvelle méthode ouvrirait de nouvelles portesportes pour la réalisation de dispositifs exploitant le phénomène d'intrication quantique, mais elle pourrait aussi servir à mieux comprendre ce qui se passe à l'intérieur des supraconducteurs non conventionnels. On ne sait toujours pas vraiment pourquoi des paires de Cooper se forment à haute température dans les cupratescuprates par exemple.