Tempête de poussière aux portes de la calotte polaire nord de Mars. Photo prise par Mars Express en avril 2018. © ESA, DLR/FU Berlin, CC by-sa 3.0 IGO

Sciences

Sur Mars, les tempêtes géantes feraient disparaître l’eau de son atmosphère

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En enquêtant sur la dernière tempête globale de Mars, des chercheurs se demandent si ces tempêtes géantes ne sont pas impliquées dans la disparition de l'eau de la Planète rouge.

Il y a un peu moins d'un an, une tempête géante se levait sur Mars. Elle enveloppa la planète tout entière pendant plusieurs mois, ne laissant passer que très peu de lumière jusqu'à la surface. Plongé trop longtemps dans les ténèbres, le rover Opportunity n'est pas parvenu ensuite à se réveiller, faute d'énergie solaire. En revanche, cette situation n'eut aucune conséquence sur la santé de Curiosity, à l'œuvre, lui, à des milliers de kilomètres du petit astromobile, de l'autre côté de Mars. Une aubaine pour les chercheurs qui ont ainsi bénéficié d'un témoin actif sur place, sous la tempête, nonobstant le manque de visibilité. Pendant ce temps-là, dans l'espace, les orbiteurs n'en manquaient pas une miette.

Les tempêtes martiennes ne sont pas rares, et se produisent surtout quand les beaux jours reviennent et que le sol se réchauffe, au printemps et en été. Elles sont généralement régionales. Alors, pourquoi certaines vont devenir planétaires ? C'est une question à laquelle les scientifiques n'ont pas encore trouvé de réponse. Au seuil des premiers débarquements d'êtres humains sur Mars (à l'horizon 2030, voire avant...), il est pourtant important de pouvoir les prévoir afin de protéger les premiers hôtes et leurs installations.

Photos prises par Curiosity durant la tempête globale de 2018. © Nasa, JPL-Caltech, York University

La vapeur d’eau prend l’ascenseur dans l’atmosphère de Mars

Pour une équipe de chercheurs qui ont publié leur étude dans Nature, ces grandes tempêtes de poussière pourraient jouer un rôle majeur dans la disparition de l'eau dans l'atmosphère de Mars. En s'appuyant sur les observations de Trace Gas Orbiter, ils ont en effet remarqué que les taux de vapeur d'eau avaient changé à différentes altitudes après la tempête de l'année dernière. Tout indique que le phénomène atmosphérique a fait remonter de l'eau des basses altitudes vers les plus hautes, dans la « zone d'échappement » aux portes de l'espace, où le rayonnement du Soleil peut briser la molécule. Il en est ainsi depuis des milliards d'années quand la Planète rouge, autrefois plus chaude et humide, a radicalement changé de climat suite à l'érosion de son atmosphère, devenue très ténue et moins dense.

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