Juno, qui devrait arriver en orbite autour de Jupiter le 4 juillet 2016, a battu le record de la distance la plus lointaine du Soleil atteinte par un satellite alimenté par un générateur solaire. La sonde se situait alors à 793 millions de kilomètres de notre étoile, contre 792 millions pour Rosetta, détentrice du précédent record.

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    À chaque été sa mission. Après Curiosity en 2012, Rosetta en 2014 et New Horizons en 2015, JunoJuno va, en 2016, émerveiller le grand public féru d'astronomie. En effet, cette sonde de la Nasa, partie de la Terre en août 2011, arrivera le 4 juillet 2016 en orbite autour de JupiterJupiter, la planète la plus grande du Système solaire. Au terme d'un voyage de plusieurs millions de kilomètres ponctué d'une assistance gravitationnelle autour de la Terre (octobre 2013), la sonde se satellisera sur une orbite polaire très excentrique, décrite en onze jours. Au plus près de Jupiter, elle ne sera qu'à 5.000 km d'altitude et, au plus, elle s'en éloignera de 2,8 millions de kilomètres.

    Ce 13 janvier, Juno a battu un record de distance. À cette date, la sonde se situait à 793 millions de kilomètres du Soleil ! Ce n'est évidemment pas la sonde la plus lointaine envoyée dans l'espace. Voyager 1Voyager 1, situé à plus de 18 milliards de kilomètres, est aujourd'hui l'engin le plus éloigné. Le record que détient Juno est plus subtil. Il s'agit de celui de la distance la plus lointaine du Soleil atteinte par un satellite avec un générateur solaire. Le précédent record était détenu par la sonde Rosetta, de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (Esa). En octobre 2012, alors à la poursuite de la comètecomète 67P/Churyumov-Gerasimenko, elle se situait à quelque 792 millions de kilomètres du Soleil.

    Au plus loin du Soleil, la distance maximale de Juno sera d’environ 832 millions de kilomètres. © Nasa, JPL

    Au plus loin du Soleil, la distance maximale de Juno sera d’environ 832 millions de kilomètres. © Nasa, JPL

    Les panneaux solaires de Juno

    Juno est le premier satellite avec un générateur solaire conçu pour fonctionner aussi loin du Soleil. Il est doté de trois panneaux solaires de 9 mètres de long, totalisant 18.698 cellules à l'arséniure de galliumgallium (AsGa). Si, à proximité de la Terre, ces cellules sont capables de générer environ 14 kilowatts d'électricité, lorsque Juno sera autour de Jupiter, située cinq fois plus loin du Soleil que la Terre, l'équationéquation sera très différente. La production d'énergieénergie tombera à seulement 500 wattswatts mais cela sera plus que suffisant pour faire fonctionner les servitudes du satellite et la charge utile. Le profil de la mission a été adapté à cette contrainte d'un faible ensoleillement. Ainsi, Juno n'évoluera jamais dans l'ombre de Jupiter.

    Les panneaux solaires sont utilisés de plus en plus loin de notre étoileétoile grâce à l'amélioration du rendement des cellules et à des satellites moins énergivores (servitudes et charges utiles). Cela permet d'éviter d'avoir recours à des générateurs thermoélectriques à radioisotoperadioisotope (RTG), toujours délicats à utiliser, et d'envisager des missions comme Juno. Les huit sondes à s'être aventurées au moins aussi loin que Jupiter avant RosettaRosetta utilisaient toutes un RTG pour produire l'énergie nécessaire à leur fonctionnement. On citera en exemple les sondes Voyager, GalileoGalileo, Cassini ou New HorizonsNew Horizons. Les deux prochaines missions à destination du système jovienjovien, l'américaine Europa Clipper et l'européenne Juice, utiliseront des panneaux solaires.