La légende l’évoquait. Et des chercheurs semblent enfin avoir mis la main dessus. Le tout premier catalogue astronomique rédigé par Hipparque. De quoi confirmer l’astronome grec à sa place de père de l’astronomie scientifique.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] La carte 3D de l’histoire de l’Univers Une des avancées les plus importantes de cette dernière décennie en terme d’observation cosmologique : la carte 3D de l'univers la plus complète jamais réalisée !

Hipparque (environ 190 à 120 av. J.-C.). Les historiens le considèrent comme l’un des meilleurs astronomes que le monde ait jamais portés. Le père de l’astronomie scientifique, même. Car la légende raconte qu’entre 170 et 120 av. J.-C., il a rédigé le tout premier catalogue d’astronomie. Avec les descriptions d’environ 850 étoiles visibles à l’œil nu depuis l’hémisphère nord. La légende parce que personne n’avait jamais vu ce précieux catalogue. Personne jusqu’à aujourd’hui.

Des chercheurs du CNRS et de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) viennent en effet tout juste de retrouver des fragments de ce qui semble bien être le texte que les astronomes pensaient perdu à jamais. Ils étaient cachés dans un ouvrage constitué de parchemins effacés et réutilisés, le Codex Climaci Rescriptus – conservé dans un musée de Washington (États-Unis) et provenant vraisemblablement d’un monastère en Égypte.

Des fragments du catalogue d’étoiles d’Hipparque

Pour faire apparaître ceux qu’ils jugent pouvoir être des fragments du catalogue d’Hipparque, les chercheurs ont eu recours à une technique que les physiciens appellent l’imagerie multispectrale. L’idée : mesurer la lumière renvoyée par un objet à différentes longueurs d’onde grâce à des éclairages artificiels et à des capteurs à haute dynamique. Un traitement informatique peut aider à en extraire les traces d’écritures effacées. C’est ce qui s’est produit ici.

Les fragments ainsi révélés présentent des similitudes frappantes avec le seul texte connu d’Hipparque. D’où la présomption forte qu’il s’agirait du précieux catalogue de l’astronome grec. Ils sont les plus anciens connus à ce jour. Et ils apportent des éléments précieux pour compléter l’histoire de l’astronomie. Celle-ci racontait en effet que le catalogue établi un peu plus tard par Ptolémée (100-168) pourrait n’être qu’une copie de celui d’Hipparque. Ces derniers travaux montrent que ce n’est pas le cas. Les descriptions des quatre constellations mises au jour par les chercheurs apparaissent en effet différentes de celles qui ont été proposées par Ptolémée. Et les données d’Hipparque s’avèrent aussi plus précises que celles de son successeur. Les positions des étoiles de la constellation de la Couronne boréale, par exemple, sont, au degré près, en accord avec ce que les astronomes d’aujourd’hui savent de ce qu’elles étaient à l’époque.