Un Congrès américain plus réticent à financer les activités scientifiques de la Nasa a contraint l'agence à abandonner son projet de participation à la grande mission de 2020 de l’Agence spatiale européenne. © Esa

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Interrogation sur la plus grande mission de l’Esa à l'horizon 2020

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Avec le désistement de la Nasa qui devait participer à la grande mission que l'Agence spatiale européenne projetait de lancer en 2020, c'est tout un processus de sélection qui est remis en question. Initialement prévue ces prochaines semaines, l'annonce du choix de la mission sélectionnée n'interviendra pas avant mars 2012.

Alors que l'Esa hésite encore sur sa future mission de classe M (M pour Medium) de son programme Cosmique Vision, l'Agence spatiale européenne a été contrainte de reporter à mars 2012 la sélection de sa mission de classe L (Large), qu'elle projetait de faire en collaboration avec la Nasa pour un lancement vers 2020-2021. Cette décision fait suite à l'annonce par la Nasa de son impossibilité à garantir un financement pérenne de sa quote-part. Outre ce problème de financement, l'Agence spatiale américaine doit composer avec deux rapports du Conseil national américain de recherche qui lui recommandent d'accorder la priorité à l'exploration de la planète Mars, ainsi qu'au projet WFirst. Il s'agit d'un télescope spatial de 1,5 mètre qui sera mis en orbite autour du deuxième point de Lagrange (L2), à quelque 1,5 million de kilomètres de la Terre.

Sans cette participation américaine qui devait apporter près de la moitié du financement de la mission sélectionnée, l'Esa se retrouve avec un budget de 700 millions d'euros, bien insuffisant. Plutôt que de renoncer à lancer une de ses trois missions, l'Europe à décidé de faire cavalier seul et de repousser à mars 2012 la sélection de la mission. Un laps de temps qui doit permettre aux équipes des projets concernés de revoir leur copie de façon à ce qu'ils soient compatibles avec un budget de 700 millions d'euros, voire plus si l'Esa réussit à le porter à 1 milliard comme elle voudrait le faire.

Lisa, premier détecteur spatial d'ondes gravitationnelles, consiste en une constellation de trois satellites en orbite héliocentrique formant un triangle équilatéral de 5 millions de kilomètres de côté. © Esa

Les trois missions en concurrence

En Europe, trois missions sont en concurrence pour ce projet L. Lisa est un observatoire spatial d'ondes gravitationnelles. Avant de le mettre en chantier, il faudra mettre au point un démonstrateur pour tester les technologies qui lui sont destinées (Lisa Pathfinder, 2013). La mission EJSM (Europa Jupiter System Mission) vise, elle, Jupiter. Elle devait comprendre deux sondes, une à destination du satellite Europe et réalisée par la Nasa (JEO, Jupiter Europa Orbiter), et l'autre, Jupiter Ganymede Orbiter (JGO, anciennement Laplace), conçue par l'Esa et dédiée à l'étude de Ganymède. Le troisième candidat est l'observatoire spatial Ixo dans le rayonnement X qui devait prendre la suite de XMM-Newton.

Quant à réduire les coûts de ces trois missions, le cas le plus difficile est celui de Ixo. Pour la mission EJSM, dès l'origine du projet, il était prévu de développer et lancer séparément chaque sonde pour, justement, éviter que la défaillance d'un des deux partenaires condamne l'ensemble du programme. Pour la mission Lisa, d'autres sources de financement sont envisageables, d'autres États membres ou institutions pouvant être mis à contribution.

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