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La Corée du Sud s'apprête à lancer son KSLV-1

ActualitéClassé sous :Astronautique , Corée du Sud , KSLV-1

Un dernier test devrait avoir lieu aujourd'hui pour préparer, une nouvelle fois, le tir du lanceur KSLV-1. Pour des raisons stratégiques, la Corée du Sud veut obtenir l'indépendance de son accès à l'espace.

La première tentative de lancer le KSLV-1 s'est soldée par l'échec de la mise en orbite de la charge utile (un satellite scientifique d'une centaine de Kilo) en raison d'un mauvais fonctionnement de la coiffe (aout 2009). Crédit Kari

Moins d'un an après l'échec du vol inaugural du premier lanceur sud-coréen (KSLV-1), une nouvelle tentative est prévue d'ici quelques jours. En août 2009, le lanceur avait échoué à mettre sur orbite un petit satellite scientifique d'une centaine de kilogrammes en raison d'un dysfonctionnement de la coiffe. Une répétition du lancement est prévue aujourd'hui et, si tout se passe bien, l'Agence spatiale sud-coréenne (Kari), en concertation avec les Russes de Khrounitchev, devrait donner son feu vert au lancement.

Le KSLV-1, également appelé Naro-1, est le premier lanceur d'une famille évolutive que développe actuellement la Kari. Il s'agit d'un lanceur à deux étages de 33 mètres et d'environ 140 tonnes capable de lancer des petites charges utiles sur orbite basse (jusqu'à 1.500 kilomètres d'altitude). Le premier étage est fourni par la firme russe Khrounitchev. Il s'agit d'un Angara adapté au lanceur coréen de façon à l'intégrer au deuxième étage, développé et construit par la Kari. Il utilisera le moteur russe RD-151 de 170 tonnes de poussée contre un moteur de plus de 190 tonnes de poussée dans la version russe de l'Angara.

Ce lanceur n'a pas vocation à encombrer le marché des lancements commerciaux. Le KSLV-1 vise les orbites basses et sera utilisé pour des lancements nationaux et garantir l'accès à l'espace de la Corée du Sud de façon à s'affranchir de la tutelle des Etats-Unis dans le domaine militaire. Petite explication.

La Corée du Sud affiche ses ambitions

Lorsqu'en 2002 la Corée du Sud décide de se doter d'une capacité de lancement autonome, elle part de zéro. La dizaine de satellites sud-coréens ont tous été lancés par des fusées étrangères. Pour accélérer le développement de son système de lancement, elle se tourne vers la Russie qui va lui fournir son expertise et le premier étage de son lanceur. Cette collaboration va également déboucher, en avril 2008, sur un vol à bord d'une fusée russe Soyouz de la première astronaute sud-coréenne, Yi So-yeon, qui fera un séjour d'une semaine dans la Station spatiale internationale.

Le premier Sud-Coréen dans l’espace aurait dû être un homme. Mais ce sera finalement sa doublure, Yi So-yeon. Ko San, en effet, s’est discrédité aux yeux des Russes en ne respectant pas certaines règles imposées aux astronautes. © Kari

Les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Sud sont solides mais il existe des divergences de vues concernant la Corée du Nord, une réelle menace pour la région. Les Américains souhaitent la chute du régime en place mais les responsables sud-coréens sont plus circonspects, estimant que la réunification avec la Corée du Nord serait difficile.

Depuis quelques années, la démonstration de force de la Corée du Nord va crescendo et plonge Séoul dans l'expectative quant aux intentions réelles de son encombrant voisin. Après un premier essai nucléaire en 2006, le lancement d’un satellite en 2009 par une fusée qui pourrait aussi être utilisée pour transporter une bombe et le torpillage présumé d'un navire par l'armée nord-coréenne, la Corée du Sud préfère maintenant prendre les devants. Bien que les Etats-Unis aient toujours apporté un soutien important dans le renseignement militaire et la surveillance de la région par satellite, Séoul va se doter d'une infrastructure spatiale militaire. L'initiative est désapprouvée par les Etats-Unis et le Japon qui craignent que la Corée du Nord se braque un peu plus...

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